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Grèce

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Avec le peuple grec, debout contre la finance

Publié le 7 mai 2010

Les Fédérations du Nord et du Pas de Calais du PCF appellent à un rassemblement ce mercredi 12 mai à partir de 12h30 place des Buisses (entre la gare Lille Flandre et Lille Europe) en présence de Jacky Hénin Député Européen et Alain Bocquet Député Maire de St Amand les Eaux, pour manifester notre solidarité au peuple Grec et dénoncer la cure d’austérité que le FMI et les gouvernements européens lui imposent.

Pour les mêmes raisons le gouvernement Français, prévoient des réformes douloureuses pour notre peuple. Cette initiative sera aussi l’occasion de dire haut et fort que ce n’est pas aux peuples européens de payer la crise.


En Grèce comme en France avec les retraites, les marchés financiers veulent s’emparer des biens publics à fin de profits. La crise grecque actuelle est le dernier épisode en date de la crise financière mondiale. Les spéculateurs n’attaquent plus une monnaie, ils attaquent un État, avant le prochain épisode, qui s’appellera Portugal, Irlande, Espagne. Et à quand le tour de la France ? A l’Assemblée nationale, seul le groupe communiste a voté contre le plan européen.

C’est la crise d’un système à bout de souffle ! Sauver la Grèce, disent-ils ? Non, sauver les créanciers de la Grèce sans qu’ils n’aient à contribuer au financement de leurs propres turpitudes. Leurs noms : Société générale, Crédit agricole, BNP, Deutsche Bank, Hypobank, Crédit suisse. Et il y en a dont on ne parle pas : ce sont les fabricants d’armes allemands et français, qui ont des créances très importantes.

Le gouvernement français et l’Europe ont laissé se développer un sentiment de panique, renforcé par l’utilisation d’un jargon incompréhensible du commun des mortels : des credits default swaps, aux ventes à découvert, en passant par le rôle des agences de notation, des montages financiers complexes aux défaillances structurelles de la zone euro, ils ont tenté encore une fois d’enfumer les esprits pour pouvoir expliquer que les gouvernements contrôlent la situation et qu’il suffit de leur faire confiance.

En fait, la complexité de la situation sert à occulter le fait que ces crises économiques ne sont pas si difficiles à comprendre lorsqu’on se demande qui en profite, et qui en paie la note. Faire payer les peuples ?

En ce qui concerne la crise financière internationale, tout le monde a compris aujourd’hui que les pratiques spéculatives des banques et le système du casino financier mondial ont très largement contribué à précipiter les économies réelles dans la récession. Ceux qui s’étaient engraissés pendant des années en spéculant sur les dettes immobilières des particuliers – les fameuses subprimes – ont pu renouer très rapidement avec ces bénéfices, grâce à l’intervention de l’argent public.

Mais ceux qui n’étaient pas responsables de la crise, les peuples continuent aujourd’hui d’en payer la facture : pour notre seul pays, plus de 600 000 emplois ont été détruits, et le plan de relance – rendu nécessaire par l’irresponsabi - lité des banques, ou leur cupidité – est la cause principale d’un déficit record d’environ 150 milliards d’euros pour 2010.

Lors de la crise financière, la France n’a pas hésité à mettre sur la table près de 350 milliards d’euros pour sauver les banques de la faillite ; et au niveau européen, c’était 3 600 milliards d’euros ! Aujourd’hui, la France dit qu’il n’y a pas d’argent pour les retraites hors de la poche des salariés et les pays de l’Union européenne consentent à prêter la bagatelle de 30 milliards d’euros à 5% alors qu’ils ont emprunté cet argent à 2%. L’aide à la Grèce rapportera 160 millions d’euros à la France, environ 240 millions à l’Allemagne, et près de 700 millions d’euros à l’ensemble des pays prêteurs. De la solidarité, ça ? Non ! C’est de l’usure au petit pied ! Qui, à part les banques et les États, profitera du « plan d’aide » ? Les Grecs certainement pas ! En imposant au peuple grec un plan d’austérité comme on n’en a jamais vu, en démantelant la fonction et les services publics, en détruisant le système de sécurité sociale et les retraites et en vidant le droit du travail de sa substance, les secteurs potentiellement lucratifs – la santé, l’éducation, la culture – sont livrés aux appétits des grands groupes privés. Et c’est au même sort qu’on veut livrer les retraites . On comprend ainsi mieux la hâte de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement à conduire leur réforme des retraites en France. La réforme est dans les cartons, elle est ce que demandent les marchés. Le pouvoir veut leur livre l’un des piliers majeurs de notre modèle social.

Il y a des alternatives

Le peuple grec et la Grèce ont besoin de mesures inspirées d’une toute autre logique, favorisant les coopérations, l’emploi, le pouvoir d’achat et répondant aux besoins sociaux. Pour toute l’Europe, il est plus nécessaire que jamais de combattre la stratégie de Lisbonne, le pacte de stabilité et les règles de la BCE. Il en va de même pour toutes ces politiques européennes qui convergent dans leur volonté d’imposer aux peuples l’austérité et la régression au seul bénéfice des acteurs spéculatifs à la recherche des profits maximum.

Il est urgent de rassembler et de lutter pour de véritables politiques européennes de coopération budgétaire et fiscale au service d’objectifs sociaux, écologiques et pour le développement de l’emploi ; urgent d’imposer un contrôle strict et des taxations significatives des mouvements financiers ; urgent de mettre à contribution les revenus des acteurs financiers et des grands actionnaires dans le cadre de la création de pôles bancaires publics coopérant à l’échelle européenne ; urgent de transformer profondément la BCE pour qu’elle devienne un outil au service des États de l’Union et de leurs peuples. Le monde du progrès se rassemble en France sur les retraites avec les syndicats, la gauche, les intellectuels et les citoyens. Il doit le faire en Europe aussi, pour résister et imposer d’autres logiques.

Le PCF solidaire

Des dizaines et des dizaines de milliers de personnes manifestent à Athènes et dans d’autres villes de Grèce contre le plan d’austérité draconien que le gouvernement grec, l’Union européenne et le FMI veulent imposer à ce peuple qui exprime avec une force inédite sa colère, son rejet de la régression sociale et de la loi des marchés financiers. Les violences exacerbées sifflées par les manifestants eux-mêmes, la mort de plusieurs personnes dans des conditions dramatiques, l’état d’alerte générale décrété par la police révèlent la gravité et le niveau de la tension sociale dans un contexte de résistance populaire massive contre un plan d’austérité aux mesures socialement et économiquement dangereuses. Le Parti communiste français réaffirme sa solidarité avec le peuple grec. Le mouvement social, large et déterminé, a besoin de tous les soutiens possibles en Europe.

Alors que des dizaines et des dizaines de milliers de personnes manifestent cette semaine à Athènes et dans d’autres villes de Grèce contre le plan d’austérité draconien que le gouvernement grec, l’Union européenne et le FMI veulent imposer aux citoyens, le peuple grec exprime avec une force inédite sa colère, son rejet de la régression sociale et de la loi des marchés financiers. Les communistes français seront de cette bataille et apporteront leur soutien au peuple grec.

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