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Atelier n°6

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Quelle conception du projet ?

Publié le 7 juillet 2008
  • La question clé du projet politique
  • Un défi urgent à gauche
  • Comment relever ce défi, élaborer ce projet ?

Sommaire

* La question clé du projet (...) * Un défi urgent à gauche * Comment relever ce défi, (...)

La question clé du projet politique

En 2007, la victoire de Nicolas Sarkozy a été celle d’un projet politique, comprenant des « réformes » structurelles de la société en tout domaine (économique, social, institutionnel) pour la conformer aux règles du capitalisme mondialisé et se traduisant en normes de vie personnelle (« travailler plus pour gagner plus »…). Ce projet, auquel la droite et le grand patronat ont beaucoup travaillé, tient compte des réalités de notre pays. En même temps, ses grands traits et ses thèmes idéologiques se retrouvent dans tous les programmes et discours des droites européennes. À leur manière, les victoires récentes de Berlusconi en Italie et des conservateurs en Grande-Bretagne en confirment la « force de frappe ».

Nos concitoyens font depuis un an l’expérience de ce projet destructeur de leur pouvoir d’achat, de leurs acquis sociaux, de leurs droits et libertés, de leurs services publics, que le gouvernement et le Medef sont décidés à continuer à appliquer. Lors des élections du printemps 2008, elles et ils ont exprimé leur insatisfaction en sanctionnant la droite ou en s’abstenant. Mais de nouveau, ce vote n’a pas exprimé une adhésion à un projet alternatif. De nouveau, il a été un vote par défaut. Dans ces conditions, comme l’indiquait la résolution du Conseil national du PCF des 29 et 30 mars 2008, « aucune force politique n’a de rente de situation », « les Français jugeront à chaque élection de l’offre politique, de l’offre de projet qui leurs seront présentées, c’est cela qui d’abord les déterminera ».

C’est autour de projets politiques construits à partir des préoccupations et des exigences des citoyens que se sont réalisés les rassemblements à l’occasion des élections municipales et cantonales. Cette expérience permet de mesurer combien la question du contenu de projets d’avenir à opposer à la droite est désormais déterminante.

Ce qui est vrai pour les territoires l’est plus encore pour la société, pour l’Europe et le monde. À bien des égards, nous sommes entrés, l’humanité est entrée dans une époque nouvelle. Il ne s’agit pas seulement, même si c’est évidemment indispensable, de reconsidérer des conceptions qui ne correspondent plus aux réalités ; il s’agit bien davantage de se donner celles qu’appellent les réalités et les évolutions de cette époque, de ses ravages et aussi de ses potentiels totalement inédits, de répondre aux questions essentielles pour leur propre devenir que se posent les hommes et les femmes de notre temps.

Un défi urgent à gauche

Cette exigence ne peut pas être remise à plus tard. Elle doit permettre à chaque individu de maîtriser les enjeux, d’intervenir et de décider. C’est la question majeure de la période qui s’ouvre.

Or, si la droite et les forces du capital ont produit cet effort, en France et au plan mondial, les forces populaires, progressistes, les forces de gauche ne sont pas en état de proposer un projet d’avenir clairement identifiable. Peut-on transformer les réalités dans l’intérêt des peuples, peut-on améliorer concrètement la vie dans les conditions d’aujourd’hui, par quel moyens et avec qui ? Il n’y a pas, dans les conditions actuelles, de réponses claires, convaincantes, susceptibles d’emporter majoritairement la conviction et donc de passer dans la réalité. Cette absence d’un projet concret de transformation de la société contribue au « brouillage » des repères et des valeurs et favorise ainsi les débauchages ou les tentatives de recomposition au centre. Elle conforte l’idée dominante que la mondialisation capitaliste est indépassable et qu’il faudrait seulement l’aménager pour l’humaniser un peu. Elle contribue à rendre plus difficiles et à limiter la portée des mobilisations pour s’opposer à la politique de Nicolas Sarkozy en ne leur proposant pas le cadre d’ensemble dans lequel pourraient s’inscrire les exigences qu’elles expriment.

Peut-on combler ce vide ? Peut-on donner à voir ce que peuvent être les grands traits d’un projet d’avenir, un espoir réalisable accompagné d’une nouvelle manière de faire de la politique dont les femmes et les hommes de gauche ont besoin pour s’investir et se rassembler, une perspective crédible de transformation de la société, de l’Europe, du monde à vocation majoritaire ?

Comment relever ce défi, élaborer ce projet ?

C’est ce défi que le Parti communiste se propose de relever car l’urgence politique est là. La vocation même d’un tel projet est de devenir la référence d’hommes et de femmes, de forces qui ne se reconnaissent pas dans le seul PCF ; son élaboration s’enrichira nécessairement de leur apport. C’est déjà le cas : notre peuple aspire à des changements véritables et produit de nombreuses idées ou propositions qui révèlent cette ambition, et les communistes contribuent à cette construction. Et cet apport doit aussi être celui de toutes les forces qui, en Europe et dans le monde, inscrivent leur action dans le sens de solutions alternatives au capitalisme mondialisé.

Ce projet d’avenir n’est pas la description d’un monde ayant dépassé tous les systèmes d’exploitation et de domination, réalisant la visée d’émancipation humaine que nous nommons le communisme. Mais sa démarche, qui consiste à partir des réalités sans jamais s’en détacher, du vécu de millions d’hommes et de femmes, des rapports de forces réels ; qui travaille à identifier les principales contradictions de notre époque, les moyens concrets de les surmonter, les forces capables de se mettre en mouvement et de se rassembler pour y parvenir ; qui se donne pour ambition de donner à voir le sens dans lequel il est possible de transformer la société, l’Europe, le monde – cette démarche est au sens véritable du terme la démarche communiste.

De quelle portée peut être dans ces conditions le fait que notre parti élabore un projet politique de cette nature et le mette en débat ?

N’est-ce pas se mettre en situation de faire une « offre » politique claire et synthétique donnant à voir comment nous entendons répondre à la volonté de changement de notre peuple ? Les objectifs que nous proposons au besoin de se rassembler majoritairement ? Ce pour quoi il vaut la peine de mobiliser avec ténacité et imagination son énergie, son intelligence afin de battre un adversaire puissant qui ne fera aucun cadeau ; afin de déjouer les embûches de toutes sortes qui ne manqueront pas de survenir ?

Élaborer ce projet politique, n’est-ce pas dire quelles sont, de notre point de vue, les réformes « incontournables », autrement dit nécessaires à prendre, des réformes représentant de vrais progrès, à la hauteur des problèmes et des possibilités d’aujourd’hui et sans lesquelles rien ne peut vraiment et durablement changer dans le bon sens ? Des réformes politiques conçues pour répondre concrètement aux réalités, aux contradictions de notre époque, qui touchent à l’économie, au social, aux institutions, à l’organisation de la société, au mode de développement, à l’Union européenne, à l’« ordre » du monde…

Élaborer ce projet, n’est-ce pas se doter d’un outil indispensable pour faire se lever le débat sur ce que la gauche doit proposer et réaliser ? Pour parvenir à ce que ce débat devienne un débat populaire dont nul à gauche ne puisse s’abstraire ? Pour travailler à transformer le rapport des forces tant au sein de la gauche que dans le pays entre les idées d’acceptation de la domination capitaliste et celles de lutte pour dépasser cette domination ?

Élaborer ce projet, n’est-ce pas proposer un ensemble de transformations réalisables dans les années à venir ? Des transformations cohérentes entre elles, dont chacune permettrait d’avancer dans le sens de logiques alternatives à celles qui aujourd’hui brident le développement et l’émancipation de chacune et de chacun.

Élaborer ce projet, n’est-ce pas dire à quelles conditions il serait possible à notre peuple d’oeuvrer à bâtir son avenir en France, en Europe et dans le monde d’aujourd’hui ?

Pour le Parti communiste, élaborer son projet, en fondant le renforcement de son influence sur sa capacité à le rendre crédible, n’est-ce pas aider notre peuple à se donner les moyens réels dont il a besoin pour construire son avenir ? N’est-ce pas, par conséquent, une condition de l’efficacité de l’activité militante communiste individuelle et collective ?

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