Liberté Hebdo du 23 octobre 2009

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« Misèreland », non !

Publié le 1er novembre 2009

2.000 personnes ont manifesté samedi 17 octobre à Lille pour l’emploi et le pouvoir d’achat à l’appel des communistes du Nord et du Pas-de-Calais.


Ce n’est sans doute pas très courant que le centre-ville de Lille résonne d’une vibrante Internationale, à deux pas du luxueux hôtel Carlton. Au terme de la manifestation à laquelle appelaient les communistes du Nord et du Pas-de-Calais, c’est pourtant bien un appel plus que symbolique aux « damnés de la Terre » à se lever qui a été lancé depuis le parvis de la Chambre de commerce et d’industrie de la région. Les grilles de cette dernière ont d’ailleurs été rapidement décorées de pancartes soulignant les multiples raisons invoquées par les 2000 manifestants de se mobiliser contre la politique de Nicolas Sarkozy. Josette, « vétérante du parti », venue avec une dizaine d’autres d’Haveluy, près de Denain, affiche ainsi son intention de « défendre les droits des femmes ». « Mais il y a tellement de raisons de manifester contre cette politique », lance-t-elle. « Nous sommes surtout venus dire à N. Sarkozy que cela que cela ne pouvait plus durer ».

Debout !

Mettre les pieds dans le plat. Afficher la couleur. Quelques expressions entendues dans un cortège très fortement coloré de rouge, et témoignant pour beaucoup de la volonté du PCF de marquer sa présence. Et surtout d’exprimer, un an après le pic de la crise financière de l’automne 2008, l’engagement des militants et sympathisants communistes à être les porte-parole d’une population à qui patronat et gouvernement font payer les conséquences de cette crise. Alors que l’on célébrait aussi ce samedi la journée mondiale du refus de la misère, Marie-Annick, qui travaille dans une pharmacie, livre ainsi son inquiétude face l’appauvrissement grandissant des personnes qu’elle croise dans son officine. « De plus en plus de gens n’ont plus de mutuelle. Ils préfèrent payer le complément avec le remboursement de Sécurité sociale que de cotiser à une mutuelle. Ils n’en ont plus les moyens » explique-t-elle. Intervenant en fin de manifestation, le député-maire de Saint-Amand-les-Eaux, Alain Bocquet lancera, en écho : « nous refusons que notre région devienne un Misèreland ! »

Face à cette situation, les communistes n’ont qu’un mot à la bouche : « debout ». D’ailleurs c’était le mot d’ordre qui barrait la banderole de tête, en ciblant deux priorités : « l’emploi et le pouvoir d’achat ». Emmenée par des élus communistes régionaux (notamment l’eurodéputé Jacky Hénin, la sénatrice du Nord Michelle Demessine, le sénateur du Pas-de-Calais, Jean-Claude Danglot, les deux députés du Nord Jean-Jacques Candelier et Alain Bocquet, le président du groupe PCF au Conseil régional, Alain Bruneel auprès desquels on retrouvait de nombreux maires, conseillers généraux des deux départements…), la manifestation était finalement une caisse de résonance des difficultés provoquées par la logique capitaliste. Licenciements, droit à la santé bafoué, faiblesse des revenus… Sur une banderole, les jeunes communistes s’indignent : « la précarité à vie, non merci ». On croise des salariés de la vente par correspondance ou de l’automobile (Sevelnord, Faurecia) venus dénoncer les stratégies des entreprises qui licencient pour accroître les profits. Dans un porte-voix, le secrétaire de la fédération communiste du Nord, Eric Corbeaux, estime qu’il faut « faire payer les actionnaires ».

Au cœur de ce mois d’octobre, la votation citoyenne contre la privatisation de La Poste demeure dans tous les esprits. Le sujet est même omniprésent dans les conversations et sur les pancartes. L’une d’entre elles exige d’ailleurs que l’on écoute les 2 millions de votants. Jacques Ansart et Jean-Claude Bassemant, tous deux retraités de La Poste sont d’ailleurs essentiellement venus pour « défendre le service public ». « Celui-ci est remis en cause. Chez moi, à Bersée, il n’y a plus qu’une agence postale, ce qui pose d’ailleurs pas mal de problèmes en termes de confidentialité ». Quant à Jacques Ansart, il rappelle que le service public « permet de lutter contre le chômage ». « Il crée des emplois » lance-t-il.

La votation citoyenne pour La Poste a redonné espoir

Le combat pour la défense du service public de La Poste est d’ailleurs loin d’être terminé rappelle la sénatrice Michelle Demessine. La parlementaire est bien décidée avec le reste de la gauche à faire échec au projet d’ouverture du capital. Ce texte est actuellement examiné au Sénat. « La votation a redonné de l’espoir » commente l’élue. « Il faut continuer à faire en sorte que le rapport de forces penche en faveur des défenseurs du service public. On pense souvent qu’au Sénat, cela ne sert à rien de se battre. Au contraire, la majorité est fragile. À plusieurs reprises, des textes ont été adoptés de justesse. Par exemple, celui sur le travail du dimanche est passé à six voix près. »

Marie-Emmanuelle, 28 ans, venue de Valenciennes est de cet avis. « Nous sommes là pour nous faire entendre, pour rappeler à Sarkozy que 2 millions de personnes ont voté contre la privatisation de La Poste ». Mais cette jeune élue valenciennoise qui, il y a un an, a rejoint le PCF, a une autre motivation : « rappeler aux médias que les communistes sont toujours là contrairement à ce qu’ils laissent croire ». Ludovic, 31 ans qui l’accompagne donne pour exemple les projets de loi présentés par les députés communistes contre les licenciements boursiers. « Le PCF est le seul à faire des propositions crédibles permettant de lutter contre la crise. Mais ce n’est relayé nulle part, proteste-t-il. Plus tard, juste avant que l’Internationale ne ponctue cette après-midi de manifestation, Alain Bocquet appellera à « poursuivre le combat ». Une chose est certaine en ce triste « anniversaire » de la crise, les communistes sont bel et bien « debout ».

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