Parti Communiste Français
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Adresse aux Françaises et aux Français

Quinze jours après l’élection européenne, Nicolas
Sarkozy vient, devant le Congrès réuni à Versailles,
de donner à la majorité UMP sa nouvelle
feuille de route : elle est catastrophique. Si toutes les mesures
qu’elle contient sont appliquées dans les mois à venir,
ce sera un désastre pour les jeunes, les salariés, les chômeurs,
les retraités et leurs familles, pour nos services publics,
pour notre industrie, pour le pays tout entier.


Nicolas Sarkozy vante désormais dans les mots le modèle
social français qu’il détruit morceau par morceau avec son
gouvernement. La crise du système capitaliste est passée par
là . Mais dans les faits, que propose-t-il ? D’accélérer dans
la même direction : précarité, flexibilité et temps partiel ;
recul de l’âge de la retraite ; chasse aux dépenses publiques,
aux services publics, et aux « niches sociales », c’est-à -dire
aux protections des salariés ; non-remplacement des départs
en retraite ; suppression de moyens et d’emplois dans les
collectivités locales ; rupture des principes d’égalité ; mise
en concurrence et privatisations dans l’éducation et la formation ;
nouveaux cadeaux aux patrons (suppression de la
taxe professionnelle) et nouveaux impôts pour le grand public
(taxe carbone)....

Quant aux salaires, au pouvoir d’achat et à la lutte contre
le chômage, c’est un silence assourdissant, sauf ce cri du
coeur présidentiel : « le travail doit être justement considéré,
les actionnaires justement rémunérés ». Des belles paroles
pour ceux qui travaillent, du sonnant et du trébuchant pour
les profits ! Tout est dit.

C’est une politique entièrement tournée contre le monde du
travail, uniquement destinée à accroître toujours plus le
soutien de l’Etat aux rendements financiers du capital. On
voit ce que cela donne depuis maintenant dix mois. La
croissance va reculer de 3,5 % en 2009 et l’Unedic annonce
595000 chômeurs de plus cette année. Continuer dans cette
voie est une folie. Cette politique ne fera que nous enfoncer
dans la crise sociale, démocratique, écologique que nous
traversons, au lieu de nous en sortir.
Le Président promet des consultations mais, pour lui, tout
est déjà décidé. Contrairement à ce qu’il prétend, la droite
UMP n’a reçu aucun « feu vert » dans les urnes le 7 juin
pour accélérer cette politique. C’est même le contraire.
L’abstention record enregistrée ce jour-là marque une défiance
et un rejet largement majoritaire à l’encontre des politiques
libérales appliquées en Europe et en France. La réalité
des chiffres, c’est qu’un Français sur dix seulement a
voté pour les listes UMP le 7 juin.

La majorité du pays, c’est la nôtre, nous qui sommes ouvriers
et avons manifesté pour l’emploi, les salaires et les retraites
ces derniers mois, employés dont les revenus ne permettent
plus de partir en vacances, hospitaliers outrés du
saccage de notre système de santé, cadres inquiets pour
l’avenir de nos enfants et celui de notre pays, salariés rayés
d’un trait de plume par des délocalisations, précaires jetés
à la rue comme des kleenex, agents de la Fonction publique
luttant pour la défense de services publics pourtant indispensables
à tous, lycéens, étudiants et chercheurs mobilisés
toute cette année pour le partage des savoirs, citoyennes et
citoyens tout simplement anxieux du devenir de nos libertés,
de la France, de la planète...

Des exigences fortes nous rassemblent face à cette politique
de droite qui nous enfonce dans la crise et défigure la République,
face à ce capitalisme toujours plus destructeur de
vies, de territoires, d’équilibres écologiques. Ces exigences,
c’est l’ambition de travailler autrement, d’être enfin écouté
au travail et de pouvoir maîtriser ses choix professionnels,
c’est le droit de pouvoir étudier, d’avoir un travail décent,
de se former tout au long de sa vie, c’est la détermination à 
profiter d’une véritable qualité de vie pour soi et pour ses
proches, c’est l’attachement à l’égalité, à la laïcité, à la démocratie,
au développement durable de nos villes, de nos
campagnes, de nos mers, de la planète, c’est la demande de
reprendre le pouvoir sur l’utilisation des richesses créées par
le travail, de celles déposées dans les banques...
Et ce qui doit nous unir demain, c’est l’ambition de nous
rassembler sur un projet qui nous aide à résister et donne de
la force à ces perspectives. C’est l’ambition de construire
des majorités populaires porteuses de ces projets, des majorités
sans lesquelles aucun changement durable ne sera possible.
C’est ce vers quoi le Parti communiste français est déterminé
à avancer. Avec vous.

Pour cela, nous sommes décidés à être de toutes les résistances,
de toutes les ripostes contre les projets de la droite. Et
nous sommes décidés, dans ces combats, à avancer et à élaborer
les propositions pour porter de véritables solutions à 
la crise. Nous avons par exemple déposé le 28 mai dernier
trois propositions de loi à l’Assemblée nationale qui rendraient
notamment possibles, si elles étaient adoptées, l’interdiction
des licenciements dans les entreprises qui distribuent
des dividendes ou qui délocalisent, l’augmentation
du SMIC à 1 600 euros, la création d’un pôle bancaire et financier
public pour retrouver la maîtrise du crédit, la création
d’un droit de veto suspensif pour les salariés contre les
plans de licenciements.

Nous sommes tout autant décidés à poursuivre et à élargir
la dynamique que nous avons initiée avec le Front de gauche,
qui rassemble le Parti communiste, le Parti de gauche
et la Gauche unitaire, à l’élection européenne. La gauche
doit changer et s’unir. Toutes celles et ceux qui se reconnaissent
dans les valeurs de gauche ont besoin d’un commun
projet de transformation sociale qui s’attaque réellement
aux injustices et à la crise sociale, démocratique, écologique.
Avec cette démarche, un nouvel espoir est né. Nous voulons
en faire une dynamique majoritaire qui sorte la gauche
de l’état dans lequel elle se trouve. Nous entendons la colère
des abstentionnistes. Nous partageons le malaise des électeurs
socialistes qui ne se reconnaissent plus dans un PS dévoré
par ses querelles internes, obsédé par l’organisation de
primaires pour la présidentielle à mille lieues des préoccupations
populaires. Nous connaissons l’envie de contestation
exprimée par les électeurs du NPA mais aussi leurs
doutes sur la stratégie d’isolement de ce parti. Nous comprenons
les motivations des électeurs d’Europe Ecologie,
leur message de renouvellement et leur inquiétude pour
l’avenir de la planète, même si nous les estimons difficilement
compatibles avec la complaisance de certains responsables
de ce mouvement à l’égard des logiques capitalistes
et des thèses libérales.

Il est possible de dépasser progressivement la situation de
dispersion actuelle à condition de construire progressivement
dans le débat et l’action le projet qui va nous unir.
Nous lançons pour cela un appel à toutes les femmes et
tous les hommes de gauche, communistes, socialistes, écologistes,
d’extrême gauche, républicains, à toutes les forces
de la gauche sociale et politique : construisons notre unité
sur un projet solide et transparent. Ensemble mettons-nous
au travail.

Ce travail peut commencer dans les luttes. Il peut aussi
se mener pour préparer les élections régionales de 2010.
La droite veut reconquérir tous les pouvoirs qu’elles a
perdus en 2004. Ne la laissons pas faire. Discutons des
projets régionaux qui devraient être mis en oeuvre par des
majorités de gauche pour combattre la crise et les inégalités,
pour créer de la solidarité et du bien-vivre. Et proposons
de rassembler dans des listes le plus ouvertes possibles
toutes celles et tous ceux qui peuvent se reconnaître
dans ces projets.

Pour tout cela, le Parti communiste est disponible. Il se
transforme chaque jour pour être toujours plus efficace et
plus utile à ces combats. Agissez avec lui, rejoignez-le. Faites
de son énergie militante votre bien commun.

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