logo
Projet de loi de finances 2025 : lettre ouverte à monsieur le premier ministre

Communiqué des élu·es communistes – 12 novembre 2025

Monsieur le Premier ministre,

Elu·es communistes de la ville de Lille, nous sommes inquiets pour l’avenir des services publics, de leurs agents et des usagers. Le projet de loi de finances 2025 annonce un nouvel élan d’austérité, conséquence d’une mauvaise gestion de l’Etat et des baisses de recettes dues à l’assouplissement de l’impôt sur les sociétés et les plus hauts revenus, que nous avons eu cesse de dénoncer. Les collectivités territoriales, au premier rang desquelles les communes comme Lille, se battent au quotidien pour assurer les services publics de proximité et accompagner au mieux leurs habitants, tout en assurant une gestion budgétaire saine et équilibrée.

Les efforts supplémentaires imposés aux collectivités territoriales sont injustifiés. En effet, elles ont l’obligation de voter leur budget à l’équilibre et le niveau de leur dette est rigoureusement maîtrisé ; la dette de l’ensemble des collectivités ne représente que 9% de la dette publique totale. De plus, elles sont le premier investisseur public en participant à 58% des investissements sur l’ensemble du pays. Elles ont un rôle primordial dans la mise en œuvre des politiques publiques, notamment celles en faveur de la transition écologique. Une réduction de 60% du « fonds vert » est insensée à l’heure où les effets du changement climatique se font de plus en plus ressentir. Après des années de restrictions, la baisse des différentes sources de financement de la part de l’Etat porte enfin atteinte au principe de libre administration. Ce principe, pourtant consacré par la Constitution, garantit l’autonomie des collectivités locales dans leur organisation et leur gestion.

Les services publics et les politiques de solidarité sont essentiels au quotidien, leur démantèlement a des conséquences directes sur les populations, privées d’accès à leurs droits, à l’éducation, à la santé. Avec celui sur le financement de la sécurité sociale, un tel projet de loi de finances signe l’aggravation durable des conditions de vie des populations, alors que de plus en plus de citoyens n’ont plus les moyens de vivre et travailler dignement. Cela va à l’encontre du pacte social qui fonde notre République, à l’égalité entre les citoyens et les territoires, et encourage les discours de haine et de division de l’extrême-droite.

Enfin, les annonces au sujet des congés maladie des agents de la fonction publique s’ajoutent à la dégradation de leur pouvoir d’achat en cours depuis une vingtaine d’années. Ces mesures ne vont faire qu’accroître le mal-être au travail et les problèmes de santé de ces travailleuses et travailleurs dévoués à l’intérêt général.

Monsieur le Premier ministre, des solutions existent. Les associations d’élus et les organisations syndicales formulent des propositions pour soutenir les comptes publics, développer les services publics et les droits des fonctionnaires. Les sénateurs CRCE-K ont ainsi proposé d’intégrer une Charte des services publics dans la Constitution afin de garantir que les services publics soient protégés en tant que droits fondamentaux et accessibles partout en France. Nous vous prions de bien vouloir considérer ces revendications et assurer aux collectivités territoriales comme la nôtre les moyens nécessaires pour préserver le service public.

Veuillez agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de notre respectueuse considération.

Les élu·es communistes de la ville de Lille,

Sylviane DELACROIX, Valentin MARTIN, Eddie JACQUEMART, Karine TROTTEIN