Chers amis, chers sympathisants, chers camarades,
Comme chaque année, le 8 mai, nous rendons hommage à nos camarades, résistants communistes Lillois, qui, assassinés par les régimes d’extrême droite nazis et vichyste, reposent au cimetière de Lille Sud.
Permettez-moi, de faire un rappel de l’Histoire du Parti Communiste et du Mouvement des Jeunes Communistes sous l’occupation, la guerre et la barbarie.
Le 17 juin 1940, quelques heures seulement après le discours honteux du traître Pétain, les communistes de Bordeau, lançaient le premier appel à la Résistance, dont voici les derniers mots :
Peuple des usines, des champs, des magasins, des bureaux,
Commerçants, artisans et intellectuels,
Soldats, marins, aviateurs encore sous les armes,
UNISSEZ-VOUS DANS L’ACTION
LE PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS !
Début juillet 1940, 500 cadres locaux et nationaux du Parti Communiste et des Jeunes Communistes étaient raflés par la police vichyste, sur ordre du régime pétainiste.
Transférés de camps en camps, toujours sous la surveillance de la police française aux ordres de l’occupant nazi, certains réussirent à s’évader, tel Fernand Grenier, d’autres furent assassinés à Châteaubriant le 22 octobre 1941, le reste fut déporté, seule une minorité revint des camps nazis.
Le 21 août 1941, ce fut la première action armée menée par la Résistance ; cette action était communiste. Partout, sur le territoire national, reposent, des femmes, des hommes et des enfants, dont les convictions communistes, la foi dans le progrès social et l’avenir de notre classe, ont guidé l’action résistante.
Malgré les milliers de camarades arrêtés, torturés, déportés et assassinés, leur apport à la Patrie est indéniable : ils ont rendu possible l’émergence du Programme des Jours Heureux ; ils ont rendu possible la Sécurité Sociale, le droit de vote des femmes, le CEA, le CNRS, les CPMI, EDF, GDF, et tant d’autres.
Sans Parti Communiste Français, il n’y a pas de France moderne.
Le 8 mai 1945, il y a 81 ans, l’Allemagne nazie capitulait ; la fin officielle de la Seconde Guerre mondiale en Europe. Un crime qui aura coûté la vie à plus de 60 millions de personnes. Un crime marqué par l’horreur absolue : les camps d’extermination, les bombardements massifs, les villes détruites, les peuples martyrisés.
Notre présence ici aujourd’hui, est un impératif de souvenir pour la mémoire de nos camarades tombés et de leurs luttes dont nous sommes les héritiers. Une mémoire bafouée dès 1944, par la mafia gaulliste, coupable de multiples trahisons à l’égard de la Résistance intérieure, et dont les crimes à Thiaroye, à Sétif et à Saïgon demeurent cachés aux yeux de notre classe.

A Lille, dans le Cimetière du Sud, il s’agit des tombes
- Marcel Bouderiez, dessinateur industriel
- René Denys,
- René Douce, cheminot,
- Octave Lamand, miroitier et menuisier,
- Roland Leclabart,
- Roger Miellet, mécanicien,
- Émile Verzeele.
Laura, du Parti Communiste, et les camarades du Mouvement des Jeunes Communistes, nous diront quelques mots sur chacun d’entre eux au moment de fleurir leurs tombes.
Face aux replis identitaires, à la prédation du système capitaliste, faisons vivre l’esprit de la Résistance. En ce 8 mai, souvenons-nous que l’humanité, capable du pire, est aussi capable du meilleur. Que des femmes et des hommes, de toutes les origines, de toutes les croyances, ont sauvé des vies au péril des leurs, faisant vivre un idéal du genre humain guidé par les valeurs fondamentales de la République et du Parti Communiste : la Liberté, l’Égalité et la Fraternité.
Inspirons-nous d’eux. Soyons à la hauteur de leur mémoire. Opposons-nous à la haine, à la résignation et à l’injustice.
Ne laissons pas détruire aujourd’hui, ce que les résistants ont voulu construire. C’est aussi cela notre fidélité à la Résistance.
A l’heure où l’extrême droite se renforce et est amenée par le patronat aux portes du pouvoir, à l’heure où la violence fasciste est de plus en plus visible et où des descentes ont lieu jusque dans les quartiers de notre classe, plus que jamais, soyons le point de fer du prolétariat !
Que vive, la mémoire de la Résistance communiste, que vive, la lutte antifasciste, que vive, le Parti Communiste Français et le Mouvement des Jeunes Communistes de France.
discours prononcé par Lucien Janvier