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Défendons notre office public Lille Métropole Habitat !

Communiqué des élu·es communistes de Lille – 22 avril 2025

Les élu·es communistes de Lille s’opposent fermement au projet de transformation de Lille Métropole Habitat (LMH), office public de l’habitat rattaché à la Métropole Européenne de Lille (MEL), en Société d’Économie Mixte (SEM). Derrière ce que l’exécutif de la MEL présente comme une “opportunité de renforcer l’investissement”, se cache en réalité la perte d’un outil public essentiel à la politique du logement sur notre territoire.

En juin 2024, la MEL a lancé un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour ouvrir le capital de LMH à un partenaire opérationnel et financier afin de contribuer aux programmes de réhabilitation et de développement. Les élu·es du groupe de la Gauche métropolitaine, dont Sylviane Delacroix, avaient alors exprimé leur inquiétude et leur refus d’une marche vers la privatisation, en votant contre le lancement de cet AMI.

LMH, issu en 2006 de la fusion des offices de Lille, Roubaix et Tourcoing, est le deuxième bailleur de la métropole, avec 35 000 logements gérés, dont 15 000 à Lille même – soit la moitié du parc social de la ville –, et plus de 72 000 personnes logées. Il joue un rôle social crucial : 70 % de ses logements sont situés dans des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) et les loyers pratiqués sont les plus bas du marché.

Ce projet prévoit un apport progressif de 95 millions d’euros par CDC Habitat, en échange duquel ce sont plus de 3,3 milliards d’euros de patrimoine public qui pourraient être transférés à une structure semi-privée. Transformer LMH en SEM, c’est ouvrir la porte aux logiques marchandes éloignées de l’intérêt général.

L’exécutif de la MEL justifie cette décision pour les besoins d’investissement pour la transition énergétique et le renouvellement du parc vieillissant. Or dire que LMH n’en a pas les moyens est faux : l’Agence nationale de contrôle du logement social (ANCOLS), dans son rapport de 2019, saluait un “pilotage financier performant” et un “rôle social assuré”. En contribuant davantage, la MEL pourrait conserver un bailleur public sous contrôle démocratique sans mettre en péril sa propre situation budgétaire.

Bien que la MEL reste majoritaire en capital, elle serait privée de tout contrôle réel : le comité de coordination serait composé de deux membres de CDC et un seul de la MEL. CDC Habitat pourrait même imposer à la MEL le rachat de ses parts en réalisant une plus-value. Contrairement à un office public, une société d’économie mixte (SEM) peut verser des dividendes à ses actionnaires. Cela signifie qu’une partie des bénéfices générés par les loyers ne serait plus automatiquement réinvestie dans l’entretien des logements, la rénovation énergétique ou la construction de nouveaux logements sociaux. Ces fonds pourraient désormais être distribués aux actionnaires au lieu de servir directement l’intérêt des locataires ou d’améliorer le parc immobilier.

Faire primer la logique financière sur la solidarité territoriale est un choix politique dangereux. Alors que la demande en logement très social explose, que le foncier se raréfie et que la précarité progresse, nous avons besoin de renforcer le logement public.

Les élu·es communistes de Lille dénoncent avec force cette privatisation en marche, qui affaiblit la capacité des collectivités à répondre aux besoins des habitant·es. Nous refusons que le logement social devienne une source de profits pour actionnaires et réaffirmons que le droit au logement est un droit fondamental. Maintenir LMH en office public, c’est préserver la maîtrise démocratique des politiques du logement et garantir un habitat digne et accessible à toutes et tous.