Communiqué des élu·es communistes de Lille – 16 juillet 2025
Le Premier ministre François Bayrou a levé le voile sur les grandes lignes budgétaires pour 2026 lors de son allocution du 15 juillet : une cure d’austérité d’un montant de 43,8 milliards d’euros. Sous prétexte de réduire le déficit public, ce plan constitue en réalité un recul historique de nos droits sociaux, une attaque directe contre les collectivités, les services publics, leurs agents et les citoyen·nes les plus modestes. Or l’État a lui-même creusé le déficit en baissant massivement la fiscalité sur le capital ces dernières années : flat tax, suppression de l’ISF, CICE et autres exonérations durables…
Les collectivités territoriales seront mises à contribution à hauteur de 5,3 milliards d’euros. C’est un nouvel étranglement budgétaire pour les communes, départements et régions, déjà en première ligne pour répondre aux besoins essentiels de la population. Et c’est à elles que le gouvernement demande de faire « des efforts » supplémentaires, notamment en baissant les dotations d’investissement. À Lille comme ailleurs, les élus locaux sont confrontés chaque jour à des demandes de services sociaux et d’équipements publics. Ces choix politiques ne feront qu’aggraver les inégalités et réduire notre capacité à investir dans la transition écologique et le bien-être de la population.
Les mesures annoncées vont encore détériorer les conditions de travail des agents publics, privés de toute revalorisation salariale, malgré l’inflation. Pire encore, elles prévoient la suppression de 3 000 postes de fonctionnaires dès 2026 et le non-remplacement d’un fonctionnaire d’Etat sur trois partant à la retraite à partir de 2027.
Et comme si cela ne suffisait pas, deux jours fériés – dont le 8 mai, hautement symbolique par la victoire des peuples sur le nazisme – sont rayés du calendrier, tandis qu’une « année blanche » gèlera les prestations sociales et les barèmes fiscaux, frappant de plein fouet les personnes les plus modestes.
Ce que le Premier ministre appelle « arrêt de la dette », c’est en réalité le sacrifice de l’intérêt général sur l’autel du capital. Pendant que les collectivités, les retraité·es, les malades, les privé·es d’emploi et les fonctionnaires sont sommés de se serrer la ceinture, les grandes fortunes, les actionnaires et les multinationales ne sont pas mis à contribution. Le Premier ministre le dit lui-même : il ne comptabilise pas les 211 milliards d’euros d’aides publiques aux grandes entreprises, souvent sans aucun critère d’efficacité. Ni les 6,7 milliards d’euros supplémentaires promis aux industries d’armement.
Nous, élu·es communistes de la Ville de Lille, disons non à l’austérité ! Nous refusons cette économie de guerre, ces coupes sombres dans les services publics et cette dérive autoritaire qui veut contourner le Parlement par de nouvelles ordonnances de « simplification ».
Nous appelons à un sursaut national pour changer de cap, avec des propositions concrètes et justes :
- Une lutte résolue contre l’évasion et la fraude fiscales, qui privent chaque année l’État de dizaines de milliards d’euros ;
- Une remise à plat des niches fiscales, dont beaucoup sont inefficaces, injustes, voire contre-productives – comme le montre le travail de la commission d’enquête du Sénat menée par le sénateur communiste Fabien Gay ;
- Une réforme fiscale d’ampleur, fondée sur la progressivité de l’impôt, une contribution plus importante des dividendes et des grandes fortunes, et une TVA allégée sur les biens essentiels ;
- Un plan d’urgence pour les services publics, les collectivités et leurs agents, au service de l’humain et du climat.
Un autre budget est possible. Et il commence par redonner le pouvoir aux citoyennes et citoyens, aux communes, aux élus locaux et aux forces du travail.
