UNE REFORME À DECRYPTER, ERIC WOERTH A DIT :
« Relever l’âge légal à 62 ans en 2018 »
Augmenter l’âge de départ à la retraite ne résoudra pas le déficit que
connait la caisse des retraites. L’argument de la démographie avancé
jusqu’ici est erroné. En effet, l’augmentation de la durée de vie n’a pas
empêché dans le passé une baisse de l’age de départ à la retraite.
« Le relèvement de l’âge de départ en retraite des fonctionnaires »
La droite continue à entretenir l’opposition entre secteur public et
privé en s’attaquant aux fonctionnaires. La volonté est d’harmoniser
par le bas public et privé : le taux de cotisation du public (7,85%) sera
aligné en dix ans sur celui du privé (10,55%). A cela s’ajoute la
suppression du dispositif de départ anticipé pour les parents de 3
enfants ayant quinze années de service.
« Le gouvernement veut trouver 3,7 milliards d’euros de nouvelles
recettes en 2011 pour financer les retraites »
Le gouvernement préfère allonger l’âge légal de la retraite en faisant
payer les salariés plutôt que de taxer les flux financiers, ce qui
rapporterait 22 milliards d’euros annuels.
La solution passe aussi par une politique favorable à l’emploi : 100
000 emplois supplémentaires, ce sont 2 milliards de cotisations
sociales de plus !
« Une aide à l’embauche d’un an pour les chômeurs de plus de 55
ans »
Alors que le taux d’emploi des 55-60 ans est très faible, repousser la
retraite au-delà de 60 ans ne fera qu’augmenter les bataillons de
chômeurs et transférera donc les coûts des caisses de retraites vers
celles des Assedic.
« Les soixante ans resteront l’âge de départ à la retraite de ceux qui
sont usés par le travail »
Le système de prise en compte de la pénibilité choisi par le
gouvernement est le plus restrictif. Le taux d’incapacité au travail
devra être supérieur ou égal à 20% pour que les salariés astreints à des
travaux pénibles ne subissent pas le report de l’âge légal. Cette prise
en compte de la pénibilité est-elle suffisante en sachant qu’un an de
travail pour un ouvrier revient à diminuer son espérance de vie de 6
mois ?
« Nous devons encore agir pour améliorer les retraites des
femmes »
Avec cette réforme, les femmes paieront le prix fort : sur les 4
millions d’actifs à temps partiel, 82% sont des femmes.
Les femmes salariés vivent, tout au long de leur carrière des inégalités
professionnelles qui se répercutent sur le niveau de leur pension de
retraite. Lorsqu’elle ont une carrière pleine et le nombre de trimestre
cotisés requis, le niveau moyen des pensions du régime privé est
inégal : 1383€ pour les hommes et seulement 650€ pour les femmes.
D’AUTRES CHOIX SONT POSSIBLES
Les député-e-s communistes, républicains et du parti de gauche,
déposeront une proposition de loi qui, tout en rétablissant la
justice sociale, assurerait également un financement dynamique
du système de retraite.
1. Désintoxiquer notre économie de la finance : contribution
des revenus financiers des entreprises à un taux de 9,9% soit 30
milliards de recettes supplémentaires. Cotisation additionnelle des
entreprises qui favorisent la financiarisation au détriment de
l’investissement et de l’emploi.
2. Favoriser l’emploi et les salaires : majoration de 10% des
cotisations des entreprises de plus de 20 salariés dont le nombre de
salariés à temps partiel est supérieur à 20% et suppression des
exonérations au titre des heures supplémentaires : 25 milliards de
recettes supplémentaires.
3. Promouvoir la justice sociale : suppression du bouclier fiscal
et augmentation des contributions des revenus issus de
l’intéressement, des bonus et stock-options.