Ce qu’il faut dire au MEDEF !
(Extraits de l’intervention d’André Chassaigne, député communiste, président du groupe Gauche démocrate et républicaine à l’Assemblée Nationale.)
« Je ne suis pas de ceux qui vous blâment d’avoir répondu à l’invitation
du MEDEF. Le premier responsable de l’action du Gouvernement se doit
de répondre à l’invitation de tous ceux qui ont une responsabilité dans la
marche du pays, mais l’on ne peut y aller, comme vous l’avez fait, pour
caresser la main de ceux qui portent une si lourde responsabilité dans
l’échec du redressement économique.
Ce qu’il fallait dire aux représentants des grandes entreprises, c’est que
la gauche n’accepte plus de voir les richesses produites par les salariés
être dilapidées dans les dividendes stériles versés aux actionnaires.
Ce qu’il fallait leur dire, c’est que la hausse de 30 % des dividendes
en un trimestre, 40,7 milliards de dollars, est un hold-up insoutenable
pour le pays, auquel il faut mettre un terme.
Ce qu’il fallait leur dire, c’est que la lutte contre l’évasion et la fraude
fiscales, qu’ils ne cessent d’entretenir et d’aggraver par leurs montages
financiers, leurs filialisations et les délocalisations, allait devenir la priorité
de l’action politique de la gauche, pour rapatrier, de gré ou de force,
les 80 milliards d’euros volés chaque année au budget de l’État.
Ce qu’il fallait leur dire, c’est que le coût exorbitant du capital, les près de 300 milliards d’euros
versés chaque année aux actionnaires et aux banques en intérêts, est le principal boulet de la compétitivité
française, le cancer de la raison économique, qui doit être combattu.
Ce qu’il fallait leur dire, c’est que leur boulimie financière est un crime contre la société française,
contre sa jeunesse, contre ses forces vives.
Vous n’auriez sans doute pas gagné les applaudissements de l’assemblée patronale, mais vous auriez
démontré, courageusement, que l’économie française n’a pas vocation à être la variable d’ajustement
des puissances financières. Disant cela, vous auriez été un fidèle artisan de la responsabilité
politique et du respect de la parole du Bourget.
La question centrale n’est pas aujourd’hui une prétendue insuffisance de la capacité d’offre ou encore
le coût du travail. Le problème, c’est que les carnets de commandes de nos entreprises, PME, artisans
sont vides. Dans ce contexte, votre politique, qui conduit à la stagnation des salaires et à la réduction
des dépenses publiques, alimente la récession.
La France devrait aujourd’hui constituer un large front en Europe pour promouvoir
une nouvelle stratégie fondée sur des investissements massifs en faveur de la transition
écologique, une lutte résolue contre l’évasion et l’optimisation fiscales, des
mesures fortes pour réorienter l’activité bancaire et réduire la domination de la finance
sur l’économie réelle, et une volonté farouche de redonner du souffle aux
services publics et aux collectivités locales.
Telle n’est pas la voie que vous avez choisie. »
Résister à la finance !
"Nous avons entendu le discours
de Manuel Valls lu devant
le Sénat par Laurent
Fabius. Avec ma collègue Michelle
Demessine, nous nous
opposons depuis toujours aux
politiques austéritaires d’où
qu’elles viennent et formulons
des propositions alternatives.
Nous travaillerons sans relâche
au rassemblement de
toutes les forces progressistes
afin de faire grandir l’exigence
d’une prise en compte des aspirations
de nos concitoyens.
Manuel Valls a déclaré que
"Gouverner c’est résister...", oui
résister au poids de la finance
qui dicte sa loi aujourd’hui,
c’est bien de cela qu’il s’agit ! "
Eric Bocquet
Sénateur du Nord