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La Brique : un journal militant mis en procès

Publié le 19 janvier 2017

La Brique est un journal crée en 2007 et qui sort tous les deux mois environ. Composé de membres bénévoles, le journal s’est constitué contre le monopole de La Voix du Nord et tente d’apporter une dose de critique sociale à Lille et ses environs.


Ecrit, dessiné, maquetté et distribué par ses membres, la volonté du collectif est d’enquêter, d’accompagner les luttes et de participer à la diversité de la presse locale.

Vendu par abonnement et en kiosques, la vente à la criée sur les marchés ou en manif’ fait pleinement partie de leur volonté de visibilité et de rencontre avec leur lectorat. Evidemment, La Brique n’a pas que des amis... et la mairie de Lille, souvent critiquée dans ses colonnes, compte parmi ceux-là.

Aujourd’hui, elle leur intente un procès, non pour une histoire de diffamation ou d’injure « mais pour leur mode de vente à l’ancienne sur les marchés.

Un mois après Charlie Hebdo, on reçoit un arrêté illégal pour diffusion de presse militante sur le marché.

« Régulièrement, les différents corps de métier de la police perturbent nos criées. Ils prennent tout leur temps, nous demande de partir ou d’aller vendre plus loin pendant que les gens regardent la scène. On clame l’atteinte à la liberté de la presse, rien n’y fait. » témoigne un de ses membres. Le 22 février 2015, un mois après les attentats contre Charlie Hebdo, la maréchaussée leur dresse une prune au marché de Wazemmes pour avoir enfreint l’article 43 de la réglementation des marchés lillois : « Dans le but de préserver l’accès aux marchés est interdit aux véhicules publicitaires, cortèges, vendeurs et distributeurs de journaux, tracts de toute nature et de prospectus à caractère publicitaire ». Hors de question pour La Brique de payer, car leur arrêté municipal est illégal... est pour cause, il viole la loi nationale, celle de 1947 dite « Loi Bichet » qui protège la presse : « La diffusion de la presse imprimée est libre. Toute entreprise de presse est libre d’assurer elle-même la distribution de ses propres journaux et publications périodiques par les moyens qu’elle jugera les plus convenables à cet effet ».

Et pourtant tout se finit au tribunal ce 4 octobre. Sur cette question, un antécédent existe. En 2007, un vendeur de l’Humanité Dimanche avait été verbalisé. Il a finalement été relaxé et le tribunal a reconnu le caractère abusif d’un tel procès verbal, condamnant même l’accusateur. De fait, il serait étonnant que La Brique soit condamnée, mais auquel cas, cela signifierait que la liberté de la presse est bafouée à Lille, interdisant de fait à la criée les autres journaux, que ce soit Liberté Hebdo, La Croix du Nord et même La Voix Du Nord.

Découvrir le journal : labrique.net

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