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Michel Defrance n’est plus

Publié le 15 mai 2017

Le regard clair de Michel Defrance s’est éteint. Avec notre camarade, c’est un des derniers passeurs de la mémoire vivante de la résistance communiste qui s’en va.


Michel , le résistant, le militant, le camarade.

Son engagement dans la Résistance, à 17 ans, se solde par une première arrestation et une première évasion. En juillet 1943, Michel devient responsable des forces patriotiques de la jeunesse en Côte d’Armor. De nouveau arrêté, de nouveau évadé, Michel participe aux combats de la Libération à Coulommiers. Blessé, c’est sur une civière qu’il entre dans la ville libérée.

Michel rêvait d’une armée démocratique, au service de la République. Dès les premiers signes annonciateurs de la guerre froide, il est limogé de l’armée comme les autres gradés communistes. Devenu journaliste, il participe à faire vivre le journal « Liberté », où il travaille jusqu’à sa retraite. Il milite à Lille au sein du Parti Communiste Français, notamment dans le quartier des Bois-Blancs. Il fut encore il y a trois ans le dernier candidat de la liste « l’Humain d’abord » aux élections municipales.

En 1946, Michel avait épousé Henriette, elle-même résistante, directrice d’école, et élue municipale. Chez eux, l’accueil était toujours chaleureux ; amitié et camaraderie s’y confondaient sans retenue. Henriette s’est éteinte en mai 2012, après une longue maladie. Michel faisait alors preuve d’une touchante et inlassable sollicitude qui forçait l’admiration.

Inlassablement, Michel consacrait son temps à ce qui était à ses yeux devoir aussi naturel qu’impérieux : témoigner, lutter contre l’oubli, entretenir le souvenir et le respect des victimes de la barbarie nazie. Il présidait la section départementale de l’ANACR depuis de nombreuses années. Le retour des idées d’extrême droite le préoccupait particulièrement. Avec ses amis Guy Béziade, disparu récemment, et Pierre Charret, ils se rendaient volontiers dans les établissements scolaires pour discuter avec les jeunes.

Malgré l’âge et la fatigue, il tenait à être présent à toutes nos cérémonies commémoratives, particulièrement chaque 8 mai au cimetière de Lille Sud et tout récemment encore au Fort du Vert Galant. C’est là qu’il évoquait ainsi ses camarades de combat : « Des hommes attachés à cette terre de France où « Liberté » sonnait clair et net quand le fascisme tentait de la réduire au silence pour mieux l’anéantir ».

Michel DEFRANCE était officier des Palmes Académiques et chevalier de la Légion d’Honneur. Il était de ceux qui aimait à rappeler que commémorer ne suffit pas, et que poursuivre les luttes de la résistance et du CNR, c’était d’abord s’engager.

Les communistes lillois perdent à la fois une figure historique et un irremplaçable ami.

Ses obsèques auront lieu au crematorium de Wattrelos, 136 rue de Leers, ce vendredi à 10h15.

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