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Les caisses ne sont pas vides

Publié le 19 février 2008

Total : 3 milliards d’euros ! BNP-Paribas 7.690 milliards d’euros !… Les grands groupes qui refusent d’augmenter les salaires annoncent des profits records en 2007. Ces sommes colossales échappent dans leur quasi-globalité à l’impôt. Les mettre à contribution au même niveau que les salaires dégagerait des centaines de millions de recettes supplémentaires que l’Etat pourrait réinvestir dans la santé, l’école, les transports ou la construction de logements sociaux.


De l’Argent, en France, il y en a. Et beaucoup. Mais où passe-t-il ? Comment expliquer que notre pays n’a jamais été aussi riche alors que les Français, dans leur grande majorité, ont de sérieux problèmes de pouvoir d’achat. Comment comprendre, alors qu’on n’a jamais autant travaillé et produit, qu’on nous répète : « les caisses sont vides » ?

Les gens le sentent. L’argent existe dans ce pays et les communistes ont décidé d’organiser une campagne de vérité sur tous ces possibles ( salaires, logement, éducation) qui se ferment tant ces richesses sont concentrées et utilisées à l’opposé de toutes les attentes.

Dire la vérité sur l’Argent, c’est montrer d’abord comment ces richesses sont accaparées. Les grandes fortunes prospèrent. Les 500 plus grandes fortunes professionnelles pèsent 280 milliards d’euros. Les principaux groupes génèrent des bénéfices colossaux, comme Total (13 milliards d’euros en 2007). Des pactoles qui terminent pour l’essentiel dans les poches des actionnaires. Certains s’enrichissent sans compter. Dernièrement, la presse révélait que les dirigeants du CAC 40 « avaient vu leur rémunération bondir de 40% »...

Les grands patrons français sont désormais les mieux payés des patrons européens. Sans doute pensent-ils qu’ils valent des centaines de fois plus qu’un de leurs salariés, qu’un homme ou une femme « ordinaire ».

Sarkozy, qui s’y connaît en auto-augmentation (+140%...), ou Mme Parisot du MEDEF jugent légitime ces très hautes rémunérations car liées, selon eux, au mérite, à la performance. Ce qui n’est même pas le cas. Et de quelles performances s’agirait-il ? Servent-elles le bien public ? Le progrès social, les régions, le pays ? Non et chacun le sait. Ces performances-là servent les dividendes, la seule rentabilité financière, au prix de plans sociaux, de délocalisations, des villes sacrifiées quand l’occasion se présente de gagner encore plus. Ce sont les mêmes qui d’un côté donnent des leçons, refusent les augmentations de salaires, veulent toujours plus de flexibilité, prétendent casser l’âge de la retraite et qui, de l’autre, se protègent avec des parachutes dorés, se servent à la louche, s’auto-justifient.

Dire la vérité sur l’argent, c’est exiger que ces sommes soient utilisées autrement, soient rendues utiles. C’est démontrer que les salaires ne sont pas les ennemis de l’emploi et de la relance de notre industrie, bien au contraire. Travailler plus, les salariés français le font déjà. Ils sont les premiers au hit-parade européen de la productivité horaire. Gagner plus, ils le réclament désormais de plus en plus fort, eux qui gagnent à peine le SMIC ou moins de 1400 euros comme c’est le cas de la moitié des salariés du pays.

Neuf mois après l’élection de celui qui osait se présenter comme le « président du pouvoir d’achat », les mêmes font une amère expérience : les seules mesures prises après le renouvellement d’une majorité de droite à l’Assemblée furent prises au profit des plus riches de ce pays. Les salariés au pouvoir d’achat étranglé par les bas salaires n’ont le droit à rien ou pire, pour certains d’entre eux, qu’à la fermeture de leur usine. S’il est une « rupture » à opérer, c’est bien celle-là : alors que depuis plus de vingt ans les richesses produites explosent, la part des salaires elle a regressé. Il est temps de redresser la barre. Le fait nouveau de ce début d’année est qu’il faut compter avec la voix des salariés du privé qui commence à s’élever et trouve désormais un écho national.

Dire la vérité sur l’argent, c’est faire la preuve que notre économie n’a pas besoin de plus de précarité et de flexibilité mais bien au contraire de qualifications, de droits ; c’est mettre l’accent sur la question des retraites et de leur financement ; c’est faire tomber les masques de nos élites prêtes à tuer notre protection sociale pour la confier aux assurances privées ; c’est parler des investissements possibles pour l’emploi et la formation ; c’est opposer au projet de contrat de travail unique du gouvernement la promesse d’une maîtrise par les salariés de leur travail et de leur carrière ; c’est prendre à bras-le-corps les inégalités professionnelles et les temps partiels imposées aux femmes.

Telle est la bataille de grande ampleur que les communistes engagent avec la campagne : « La Bourse ou la vie ; rendons l’argent utile ». Ils entendent bien mettre les pieds dans le plat sur cette question décisive et du même coup poser en grand les questions politiques : celles du rassemblement, celles de la gauche, une gauche qui lutte et construit, une gauche qui veut l’intervention des salariés dans les gestions des entreprises, la taxation des revenus financiers, une politique du crédit favorisant l’emploi et non la finance ; celles de la place du PCF dans la vie nationale. La question de l’argent, des salaires fait irruption dans le débat public. Menons le partout dans le pays, jusqu’au plus petit des cantons et dans chaque commune.

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