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Conseil municipal du 17 décembre 2012

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Intervention de Hugo VANDAMME sur une motion en faveur du retour en gestion publique de l’eau

Publié le 18 décembre 2012

C’est avec enthousiasme que les élus du groupe communiste ont co-signé cette motion en faveur d’un retour en gestion publique de l’eau, afin que LMCU suive le chemin déjà entamé à Paris, Cherbourg ou encore Rouen.

Vous l’avez compris, nous défendons résolument le droit universel et inaliénable à l’eau comme bien commun de l’Humanité en favorisant un processus d’appropriation sociale de la gestion de l’eau et de l’assainissement. Cette gestion est une exigence citoyenne qui doit faire l’objet d’une maîtrise publique, démocratique et donc, d’un contrôle citoyen, dont la participation et la consultation sont légitimes et gages de transparence.

De telles revendications doivent vous rappeler au souvenir de Danielle Mitterrand qui se battait pour le droit d’accès à l’eau pour tous contre l’oppression économique. Combat qu’elle portait encore lorsque je l’ai rencontré au Forum Social Mondial de BELEM en 2009.

Pour entrer dans le vif du sujet, concernant la facturation des premiers mètres cubes, la gestion publique constituant le premier tarif social d’un bien ou d’un service mis à disposition des usagers, nous pensons qu’il est indispensable d’agir contre la marchandisation de l’eau et de décider, pour cela notamment, comme le souhaitent les associations et le collectif « eau », parties prenantes du débat communautaire, la gratuité des premiers mètres cubes nécessaires à la vie, en plus de la facturation progressive et différenciée entre les ménages et les industriels. Les recommandations de l’OCDE, elle-même, ont pour objectif que les dépenses d’eau par famille n’excèdent pas 3 % de leurs ressources. Or, aujourd’hui, on constate que certaines familles de la métropole consacrent 7 à 8 % de leurs ressources aux charges liées à l’eau. De plus, on sait que la région connaît la précarité énergétique la plus grande du pays et que deux tiers des ménages rencontrés par le Secours Catholique y ont des impayés.

C’est la raison pour laquelle nous pèserons de tout notre poids, dans ce débat, comme nous l’avons fait pour exiger le remboursement des 115 millions d’euros indûment perçus par le délégataire privée, la Société des Eaux du Nord, au détriment des usagers. La Cour Régionale des Comptes n’avait-elle pas constaté un surenrichissement abusif ? En plus de jouir d’une véritable rente de situation, de récupérer tout le savoir-faire technique des collectivités, les multinationales de l’eau manquent à leur obligation d’investissements sur les réseaux, ce qui provoque, on le sait, une forte dégradation des conduits d’acheminement et sur notre métropole, au-delà des 20 % de pertes en fuites d’eau, causées par ce mauvais entretien, les usagers sont floués sur l’aspect de la santé publique, considérant les taux de plomb et de calcaire mesurés.

Par conséquent, je le répète, l’eau doit être protégée des dérives du marché. Elle ne peut être considérée comme une marchandise à offrir en pâture aux actionnaires en quête de rentabilité. C’est la condition sine qua non de son utilisation et de sa préservation durables.

Concernant le financement de l’assainissement, une meilleure répartition de sa prise en charge est bien évidemment nécessaire, vous en conviendrez. Mais je crois qu’il faut aller encore bien plus loin en ayant l’audace de redéfinir le principe pollueur/payeur qui est injustement et inefficacement appliqué aujourd’hui dans notre pays. En effet, le Front de gauche souhaite s’échapper du modèle économique qui fait supporter aux usagers, sur leur facture, l’essentiel des défis environnementaux et des futurs investissements nécessaires à la distribution et au traitement de l’eau. C’est pourquoi nous soutenons de nouvelles modalités de financement et la création d’une filière publique des métiers et de la recherche sur l’eau et l’assainissement. De plus, au vu des grands enjeux environnementaux, la France et l’ensemble des collectivités doivent s’engager dans la planification écologique. Or, comment agir avec des outils que nous ne possédons pas ? Il est urgent de prendre nos responsabilités et de redonner des statuts publics et des gestions citoyennes aux secteurs de l’eau, de l’énergie et des transports. Pour le bien de tous, commençons maintenant !

Pour terminer, un dernier point rapide qui, j’en suis sûr, convaincra les plus réticents. Il s’agit de la réduction des coûts en faveur de l’usager. L’Institut Français de L’Environnement a établi que là où l’eau est gérée par un délégataire privé, elle est plus chère de 25 % en moyenne. A savoir également que l’économie, en régie publique, est d’autant plus importante que le système complet est public (production, distribution et épuration).

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