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Des transports accessibles

Publié le 13 juin 2014

Droit à la mobilité pour tous

La globalisation oblige chaque individu à se déplacer de plus en plus loin pour travailler [1], se former ou s’émanciper et le prix de l’immobilier éloigne de plus en plus les habitants de leur lieu d’activité.

Avec l’évolution des conditions de vie et de travail dans les métropoles, l’accès aux transports est devenu un droit aussi naturel que celui de se déplacer à pied ou à vélo au sein de son quartier. Il est d’ailleurs inscrit dans la déclaration universelle des droits de l’homme [2] comme dans la loi française [3].

Or dans les faits la mobilité n’est pas toujours vécue comme une liberté, elle peut être aussi vécue comme une contrainte, le budget transport est un poste important dans les dépenses des Français. À Lille, le prix des transports augmente plus rapidement que le coût de la vie. Beaucoup de laissés pour compte sont privés de transports et souvent condamnés à rester chez eux, ce qui les exclut de la vie économique, sociale, et culturelle.

Par ailleurs, le système PassPass nouvellement intégré au réseau de transports crée de nouveaux freins à la mobilité. Au delà de l’obstacle pratique lié à ce nouveau fonctionnement, il s’avère être une augmentation déguisée des tarifs. La validation systématique a abouti à la création d’une nouvelle amende (de 5€) pour les usagers n’ayant pas « bipé » à chaque correspondance. Le coût de création de titres de transport a lui aussi augmenté.

Enfin, nous désirons doter l’ensemble du territoire lillois des mêmes moyens d’accession à la mobilité. Les quartiers de Lille-Sud ou du Faubourg de Béthune semblent être, en ce point, les grands oubliés des infrastructures de transports dites alternatives (V’Lille, Voiture en autopartage...)

Nous voulons donc :

  • Permettre à chacun d’avoir accès à un moyen de transport, quel que soit son niveau de vie, son quartier, ou son handicap.
  • Tout de suite : la gratuité des transports pour tous les scolaires et les allocataires du RSA, une baisse significative des tarifs.
  • Tout de suite : supprimer la nouvelle amende de 5€ liée à la carte PassPass.
  • À terme : la gratuité des transports pour tous.

Une régie publique des transports

La délégation de service public des transports a été renouvelée au 1er janvier 2011. Elle devrait expirer dans la foulée du prochain mandat. Nous souhaitons que ce prochain mandat permette de mesurer la faisabilité d’un retour en régie des transports urbains de la métropole.

La première chose qu’il nous faut obtenir pour mener à bien ce débat, c’est la transparence sur la gestion de l’actuelle DSP. Il faut obtenir, en particulier, que Lille Métropole rende public et accessible le détail du rapport du délégataire (s’il existe) et pas uniquement sa synthèse.

La création de la régie publique des transports constituera l’un des leviers sur lesquels nous agirons pour dégager le financement nécessaire à l’instauration de la gratuité des transports.

En finir avec l’idéologie sécuritaire.

Les plus démunis prennent parfois le risque de frauder. Une politique de tarification par ticket encourage la répression : les équipes de contrôleurs sont managées de façon à être rentables et de nombreux moyens, parfois coûteux, sont mis en place pour traquer les fraudeurs.

Un arsenal législatif parfois disproportionné fleurit [4]. Par exemple, depuis 2001, le délit de « fraude habituelle » punit de 6 mois d’emprisonnement et de 7.500 Euros d’amende quiconque aura voyagé plus de dix fois dans l’année sans titre valable.

Avec le système du tout payant, Transpole se fait par ailleurs le relais des politiques sécuritaires ambiantes. Les contrôles de titres de transport amènent des contrôles policiers qui peuvent s’avérer être un alibi pour justifier la pression mise sur les jeunes des quartiers populaires et des sans-papiers.

Nous voulons donc :

  • En finir avec les méthodes répressives intentées contre les laissés-pour-compte de la politique tarifaire de Transpole.
  • Diminuer le nombre de contrôle au sein de réseaux par le développement, notamment, de la gratuité.

Notes :

[1Selon l’INSEE, 73% des salariés travaillaient en dehors de leur commune en 2004. Ils parcouraient en moyenne 25,4 km pour se rendre sur leur lieu de travail. 115000 personnes travaillaient dans la zone d’emploi de Lille tout en résidant à l’extérieur, ce chiffre a augmenté de 21% en 5 ans.

[2« Art. 13 : Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un État. »

[3« Art. 2 de la loi LOTI (1982) : La mise en œuvre progressive du droit au transport permet aux usagers de se déplacer dans des conditions raisonnables d’accès, de qualité et de prix ainsi que de coût pour la collectivité, notamment par l’utilisation d’un moyen de transport ouvert au public. »

[4Selon le Syndicat de la Magistrature, chaque mois une vingtaine de condamnations à de la prison ferme sont prononcées pour fraude habituelle dans les transports en commun.

Ce délit a été créé en novembre 2001 par la Loi de Sécurité Quotidienne (LSQ) votée par le Parti Socialiste et la droite. L’article 50 de la loi prévoit une condamnation de six mois d’emprisonnement ferme et 7 500 euros d’amende pour toute personne voyageant « de manière habituelle » sans titre de transport valable. Ce délit condamne en priorité des chômeurs et des précaires.

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