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Retraites : Où est le problème ?

Publié le 26 février 2010

L’argument a la force de l’évidence, mais il est archi-faux. Les caisses de retraite ne sont pas en danger parce qu’il y a aurait trop de retraités par rapport aux actifs. Elles le sont parce que ceux qui gouvernent l’Etat et l’économie ont tout simplement décidé de continuer à détourner les richesses produites en France pour la Finance au détriment du social. « A quel âge faut-il fixer l’âge de la retraite pour qu’on n’ait jamais à la verser ? » s’interrogeait déjà en 1889, le chancelier de l’Empire allemand, Bismarck. Les « archaïques » Nicolas Sarkozy, François Fillon et Laurence Parisot se posent aujourd’hui exactement la même question : pourquoi payer des retraites ?


(source Liberté Hebdo) De la même façon qu’ils ont fait baisser, en France, la part des richesses produites (Produit intérieur brut en langage d’économistes) consacrée aux salaires de 12% en 20 ans, ils veulent baisser celle consacrée aux retraites. L’argent ainsi « économisé » fera des profits en plus (1). La baisse de la part des salaires a permis de transférer 100 milliards d’euros vers le capital ! Allonger la durée de cotisations et reculer l’âge de départ ne réglera absolument rien, puisque, à 60 ans, 60 % des salariés se retrouvent déjà sans travail. Ces mesures ne feront qu’aggraver socialement le sort des salariés âgés. La seule solution est d’obtenir (par la lutte et politiquement) le rééquilibrage de l’utilisation des richesses produites (par les salariés). Plutôt que de laisser distribuer à leurs actionnaires 83 milliards d’euros de dividendes en 2008, soit 8 milliards de plus que l’année précédente, les sociétés françaises non financières (c’est d’elles qu’il s’agit dans cet exemple) et les autres auraient dû cotiser sur leurs revenus financiers. Cette seule mesure non seulement boucherait le « trou » (10,7 milliards en 2010) des caisses de retraite, mais elle les rendrait excédentaires de 11,3 milliards !

Les caisses de retraite peuvent facilement devenir « excédentaires », la preuve !

> Faire cotiser les revenus financiers des entreprises et des institutions financières Les produits financiers bruts des entreprises non financières s’élevaient, en 2008, à 254,6 milliards d’euros. Si on leur applique le taux de cotisation patronale, cela ferait rentrer 22 milliards d’euros dans les caisses de retraite. De quoi non seulement combler le déficit évalué à 10,7 milliards d’euro en 2010, mais à les rendre excédentaires de 11,3 milliards !

. > Cesser d’exonérer de cotisations le patronat qui ne crée pas d’emplois En 2009, l’Etat a du puiser 30 milliards d’euros dans l’argent des contribuables pour compenser (avec retard) les exonérations de cotisations sociales octroyées au patronat, sans aucun résultat positif sur l’emploi. C’est trois fois le « déficit » des caisses de retraite !

. > Relever les salaires et sécuriser l’emploi. Plus les salaires seront élevés et les emplois nombreux, plus il rentrera de cotisations dans les caisses de retraite. A contrario de ce qui se passe aujourd’hui, pour sauvegarder les retraites il faut relever les salaires (dont la part dans le PIB français a fortement chuté en 20 ans) et sécuriser l’emploi (refus des licenciements dans les entreprises qui font des bénéfices, à l’école, dans les hôpitaux, les services publics…).

. > Rééquilibrer les taux de cotisation patrons/salariés. Le taux de cotisation patronale (retraite Sécu) n’a pratiquement pas bougé depuis 30 ans : 8,2 % en 1982, 8,3 % en 2010. Pour les salariés en revanche, le taux a augmenté de près de moitié : 4,7 % en 1982, 6,65 % en 2010. En 1980, la part des cotisations patronales dans le financement des retraites était de 64%, celle des salariés de 36%. Aujourd’hui, la part patronale est tombée à 56%, celle des salariés est montée à 44%. Si cette proportion était rééquilibrée au niveau de 1980, ce serait 2 milliards d’euros qui rentreraient dans les caisses de retraite chaque année.

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