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Trois questions à Hugo VANDAMME à propos de l’évacuation des grévistes de la faim par le GIPN

Publié le 7 décembre 2012

Hugo Vandamme, Conseiller municipal délégué et soutien de longue date de la lutte des Sans-Papiers et de leur comité, le CSP 59, était le seul élu lillois présent, au nom du groupe communiste, lors de l’évacuation des grévistes de la faim de l’Egise Réformée de Fives.

Découvrez l’entretien accordé à La Voix du Nord.


Quel était le sens de votre présence, mardi soir, avec les soutiens des sans-papiers évacués ?

« Il y avait beaucoup de militants et de citoyens qui attendent que les droits de l’homme soient respectés. Ils comptent sur leurs élus. Notre rôle n’est pas uniquement d’être dans un bureau et d’envoyer des courriers. On doit autant que possible être aux côtés de ceux qui aspirent à la justice. J’étais en colère de voir que les choses se réglaient par le rapport de force et pas par le dialogue. Samedi, j’étais déjà allé soutenir les sans-papiers au temple. Je vais aussi parfois au centre de rétention. Je n’appelle pas la presse pour le dire. Les élus communistes se sont toujours préoccupés de la situation des sans-papiers vivant à Lille, pour qu’ils soient régularisés. Cela fait partie du projet politique et de l’engagement du PC, que chacun ait droit de cité là où il se trouve. Pour cette raison, nous défendons aussi le droit de vote des étrangers. »

Les Verts ont eux aussi apporté leur appui au Comité des sans-papiers. Regrettez-vous l’absence de soutien des socialistes lillois ?

« Sur les Roms, les élus socialistes de Lille ont manifesté leur mécontentement envers l’État. Mais concernant les sans papiers, c’est silence radio ! Pourtant, leur situation perdure depuis longtemps dans notre ville. Je ne comprends pas que les socialistes tiennent ce silence : pas un seul communiqué ! Je suis déçu. C’est un manque total de considération. Ils tolèrent que le préfet ait les mêmes pratiques que sous le gouvernement précédent. Il semble que les sans-papiers ne sont pas une cause à défendre. On aurait pu penser qu’avec le nouveau gouvernement, les choses s’amélioreraient pour les sans-papiers. Ce n’est pas le cas. Jusqu’à présent, le préfet a envoyé la police sans écouter les revendications des grévistes de la faim. »

Que pensez-vous de la grève de la faim comme moyen d’agir ?

« Je ne suis pas d’accord avec ce mode d’action. Je l’ai dit à des sans-papiers que j’ai rencontrés. Je suis très inquiet pour leur intégrité physique, ils mettent leur vie en danger. En même temps, c’est représentatif du désespoir et de la détermination des sans-papiers à vivre ici et à être reconnus. Ils ont fait un choix, je le respecte. On va appeler nos adhérents pour leur apporter de l’eau et du sucre là où ils se trouvent. »

PROPOS RECUEILLIS PAR B. DU.

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