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L’âge d’or des profits

Publié le 7 juillet 2008

En 2007, certaines entreprises du CAC 40 ont pulvérisé leurs résultats de 2006. Et les actionnaires entendent encore augmenter leurs dividendes en 2008…


Raté ! Début 2007, les entreprises du CAC 40 pariaient sur 15 % de hausse de leurs profits. Le deuxième semestre a été un peu plus faible ; aussi ont-elles dû se contenter du record historique du montant des profits (entre 5 % et 6 % de plus), 105 milliards d’euros [1]. Certaines ont cependant pulvérisé leurs résultats de 2006. Arcelor-Mittal (+ 81 %) ; France Télécom (+ 54 %) ; Danone (+ 309 %) ; Unibail-Rodamco (+ 119 %) ; Lafarge (+ 39 %) ; Schneider (+ 21 %) ; Air France-KLM (+ 45,9 %) ; Printemps-Pinault-La Redoute (+ 51 %) ; Veolia (+ 22,5 %) ; PSA-Peugeot-Citroën (+ 400 %) ; Accor (+ 76,2 %) ; Alstom (+ 97,1 %) ; Michelin (+ 35,3 %) ; Lagardère (+ 76,7 %) ; Capgemini (+ 50 %)…

Quand l’énergie va… Indétrônable leader en volume (12,2 milliards d’euros), Total est confortablement installé sur la flambée des cours du pétrole, qui ont augmenté de plus de 60 % en 2007. La ponction cosmétique du gouvernement demandée au géant pétrolier pour la prime à la cuve ne se verra pas. Premier sans conteste, Total est accompagné dans le haut du classement par d’autres groupes de l’énergie (EDF est 7e, Suez 10e et GDF 14e). L’agroalimentaire s’accommode lui aussi parfaitement des spéculations et Danone est installé en 8e position, BNP-Paribas - moins affecté que d’autres par les subprimes -, deuxième du classement avec près de 8 milliards de profits, distance Crédit Agricole (autour de 4 milliards).

La part du lion des dividendes. Intérêt bien compris commence par soi-même, proclament les actionnaires, qui s’appliquent à respecter cette règle sans défaillance. Les dividendes augmentent toujours plus vite et un rythme plus soutenu qu’en 2007 est prévu pour 2008 [2]. Capgemini était généreux en versant des dividendes en hausse de 40 %. Le groupe ferait mieux avec + 42,9 %. PPR envisage + 15 % (10,3 % en 2007), Unibail-Rodamco + 40 % (25 %), Sanofi-Aventis + 18,3 % (15,1 %), Lafarge + 33,3 % (17,6 %), Michelin + 10,3 % (7,4 %), Pernod-Ricard + 19,4 % (17,8 %)… Les sociétés du CAC 40 continuent à engouffrer des sommes folles pour enrichir les actionnaires au lieu de les investir dans la recherche-développement, les qualifications, les salaires ou l’emploi qui les uns et les autres soutiendraient la consommation et dynamiseraient la croissance. En 2006, sur 97 milliards d’euros de bénéfices nets, les groupes du CAC 40 ont reversé 32 milliards d’euros aux actionnaires et racheté pour 8 milliards d’euros leurs propres actions afin d’en faire monter les cours et accroître le rendement par action.

Le choix des délocalisations. Aujourd’hui, plus de 80 % de ces profits proviennent des activités délocalisées par ces groupes à l’étranger, notamment en zone dollar où le cours de la monnaie avantage, au détriment des productions nationales ou européennes. Ce n’est évidemment pas le cas de la grande distribution : les clients ne se délocalisent pas.

P. A.-M., dans l’Huma du 2 juillet

Notes :

[1Les profits des entreprises du CAC 40 étaient de 66,2 milliards d’euros en 2004 ; 84,3 milliards en 2005 ; 96,2 milliards en 2006 ; 99,1 milliards en 2007.

[2Source : FactsetJCF Estimates.

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