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Stop à la casse de l’Ecole
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Monsieur le ministre, je vous retourne mes palmes académiques

Proviseur à la retraite, Michel Ascher est révolté
d’apprendre que des primes seront attribuées aux
recteurs en fonction du nombre de suppressions
de postes, voire d’établissements, qu’ils décideront. Après une carrière passée à faire vivre des lycées dans des zones peu favorisées, il décide de retourner ses distinctions au ministre, et dénonce le « cynisme assumé du pouvoir ».

Retrouvez ici le courrier envoyé à Luc Chatel.


Monsieur le ministre,

Le 25 juillet 1996, M. François Bayrou, ministre de
l’Éducation nationale de l’époque, a signé mon
diplôme d’accès au grade de chevalier dans l’ordre
des Palmes Académiques. Le 1er octobre 2004,
M. François Fillon, ministre de l’Éducation nationale
de l’époque a signé mon diplôme d’élévation au grade
d’officier dans l’ordre des Palmes Académiques.
Je reçus cette distinction comme un honneur et
comme la reconnaissance d’un travail accompli dans
des secteurs géographiques variés, souvent défavorisés
(Roubaix, Louvroil, Tourcoing, Seclin). Dans ces
différents postes, d’abord comme principal, puis
comme proviseur, je me suis toujours attaché à tout
mettre en oeuvre pour offrir aux élèves accueillis la
meilleure formation possible. Pour ce faire, j’ai
travaillé en lien étroit avec les différentes équipes
pédagogiques pour que la prise en compte des élèves
en difficulté soit une réalité et que des conditions
décentes d’encadrement soient respectées.

Aujourd’hui, quand je découvre que les Recteurs des
Académies se verront attribuer une prime allant de
15.000 à 22.000 euros par an s’ils parviennent à 
supprimer le plus de postes possibles ou, mieux
encore, s’ils osent fermer purement et simplement
des établissements par Académie, je ne peux rester
sans réaction devant un tel cynisme. C’est pourquoi,
mon indignation étant à son comble, je ne souhaite
plus que mon nom reste lié plus longtemps à cette
distinction dans l’ordre des Palmes académiques.

Tout au long de ma carrière passée à l’Éducation
nationale, il m’est arrivé de ne pas être d’accord avec
telle ou telle orientation générale de l’Institution,
mais le débat existait encore et des solutions
pouvaient parfois être trouvées. Aujourd’hui, seule la
logique comptable a droit de cité, et le passage en
force est la règle de conduite qui, seule, semble
pouvoir être retenue. Nos concitoyens, à qui de plus
en d’efforts sont demandés, ne pourront que se
sentir une fois de plus humiliés par ce geste scandaleux
et hautement symbolique d’un pouvoir qui met
l’argent au-dessus de tout. Rétribuer un représentant
de l’État sur sa capacité à détruire encore plus le
service public d’Éducation est un acte qui vous
déshonore totalement. (...)

Par votre mépris et votre cynisme vous humiliez tous
les personnels de l’Éducation nationale qui n’en
peuvent plus de devoir accomplir leur mission dans
des conditions que votre politique à très court terme
rend de plus en plus déplorables. Je ne peux,
monsieur le ministre, que vous transmettre l’expression
de ma très profonde tristesse.

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