Questions à Alain Bocquet

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Rester debout !

Publié le 1er novembre 2009

Vous étiez parmi les manifestants ce samedi 17 octobre à Lille. Comment appréciez-vous cette mobilisation ?

.. > Réunir 2.000 personnes, un samedi après-midi, c’est évidemment une initiative qui compte dans la période. Je note d’ailleurs que depuis la rentrée de septembre, c’est la première grande manifestation qui parcourt les rues de Lille. Cela signifie qu’il existe, chez les militants communistes, leurs sympathisants, et au-delà chez les salariés – puisque j’ai vu que des travailleurs de l’automobile et de la VPC nous ont rejoints dans le cortège – une volonté forte de résister à la politique du gouvernement et du patronat. Cette volonté, il faut continuer à la faire partager.


Dans votre intervention, en fin de manifestation, vous avez déclaré que vous refusiez de voir la région devenir un « Misèreland ». Est-ce à dire que le risque existe de voir se banaliser les réactions face aux conséquences de la crise ?

.. > Il s’agit surtout d’inviter à résister. Comme l’ont dit les manifestants de samedi dernier, face à cette politique ultralibérale qui casse tout, qui ferme les usines, supprime les emplois, provoque 60 millions de chômeurs supplémentaires dans le monde, qui veut faire payer la crise aux peuples pendant que les banques et le CAC 40 s’en sortent bien, il faut plus que jamais être debout. Il faut exiger que l’argent public accordé aux banques et aux entreprises soit contrôlé et destiné à l’emploi, continuer à se battre pour les augmentations de salaires afin qu’elles favorisent la relance de l’économie. On nous enfume avec des affaires médiatiques sur la vie personnelle des ministres. Ouvrons des trappes de désenfumage !

Le débat sur le budget 2010 est lancé à l’Assemblée nationale. À droite, certains ont proposé – sans succès - de revenir sur des dispositions du bouclier fiscal ou d’augmenter la taxe sur les bénéfices des banques. Qu’en pensez-vous ?

.. > Même à droite, le doute est présent. Notamment chez des parlementaires qui sont confrontés à leurs électeurs. Quand les gens, massivement, souffrent et que l’on voit revenir les bonus pour les actionnaires, le scandale de ce système est éclatant ! Cela prouve qu’ils sont sur la défensive et qu’il faut plus que jamais agir pour se faire entendre. Il y a des craquements ici où là, même si le chef de l’État campe sur ses positions, dans une attitude méprisante, antisociale, sécuritaire. Il faut que les gens comprennent qu’ils doivent s’en mêler.

Quels vont être vos axes d’action en tant que député ?

. > Dans l’immédiat, nous maintenons nos propositions visant à taxer les plus values-boursières ou à imposer l’augmentation des salaires, notamment du SMIC. Evidemment, cela ne suffit pas de proposer de bons textes. Encore faut-il que les citoyens s’en emparent pour qu’ils puissent devenir une loi et s’appliquer.

(recueilli par B. Cadez, Liberté Hebdo)

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