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Nous exigeons la suppression du Ministère de l’immigration et de l’identité nationale

Publié le 23 février 2010

La France a toujours su renouveler son identité, elle est en mouvement et s’est enrichie de ses migrations, or Sarkozy pourchasse et multiplie les expulsions. Il va jusqu’à renvoyer des familles vers leurs pays en guerre osant dire qu’ils y seront en sécurité, il enferme des enfants et brise des familles. Pour respecter les chiffres qu’il s’est fixé, il piétine le droit et le respect des individus.

Ceux qui sont responsables de la crise tiennent un double discours. Au nom de la mondialisation, ils prônent la libre circulation des biens, des produits et des capitaux alors qu’ils restreignent totalement la circulation des personnes.


Le Ministère de l’immigration et de l’identité nationale a introduit dans notre pays un risque d’enfermement identitaire et d’exclusion dont on mesure, chaque jour depuis deux ans et demi, la profonde gravité. Très officiellement, des mots se sont mêlés à scène publique, ils désignent et stigmatisent l’étranger – et par ricochet, quiconque a l’air étranger. Réfugiés et migrants, notamment originaires de Méditerranée et d’Afrique, et leurs descendants, sont séparés d’un « nous » national pas seulement imaginaire puisque ses frontières se redessinent sur les plans matériel, administratif et idéologique.

La création de ce ministère a fait naître de nouveaux objectifs d’expulsion d’étrangers (27 000 par an), des rafles de sans-papiers, l’enfermement d’enfants dans des centres de rétention, le délit de solidarité, l’expulsion des exilés vers certains pays en guerre au mépris du droit d’asile, la multiplication des contrôles d’identité au faciès, enfin la naturalisation à la carte, préfecture par préfecture, qui rompt avec le principe d’égalité…

Les débats organisés par ce ministère sur le thème de l’identité nationale n’ont servis qu’à diviser les françaises et les français. Ils ont déliés les thèses indignes et racistes.

« Il est temps aujourd’hui de réaffirmer publiquement, contre ce rapt nationaliste de l’idée de nation, les idéaux universalistes qui sont au fondement de notre république »

Marie-George Buffet

Plus de 70 organisations lancent un appel commun à manifester :

Le colonialisme et ses produits dérivés ont aujourd’hui de nouvelles formes et de nouvelles dynamiques, qui s’inscrivent dans la réaction mondialisée contre tous les acquis des luttes populaires de la deuxième moitié du XXe siècle.

En France, le Ministère de l’identité nationale, de l’immigration et du codéveloppement, c’est le Ministère de la rafle et de la honte, c’est le Ministère des colonies. En créant un « Ministère de l’immigration et de l’identité française », puis en organisant avec le ministre Besson un « Grand débat » sur l’identité nationale qui mobilise les moyens de l’Etat, Nicolas Sarkozy encourage et organise le racisme dont l’islamophobie et la stigmatisation d’une partie de la population.

Ouvertement ciblés, les musulmans, destinataires d’une loi annoncée sur la Burqa, en butte aux faux dérapages/vraies insultes d’un Hortefeux ou d’une Morano, ministres en exercice d’un gouvernement qui tombe le masque. Le Président de la République met aujourd’hui en cohérence ses idées développées dans les discours de Marseille, Toulon et Dakar avec ses actes. C’est tout simplement la réintroduction d’un « Ministère des colonies » qu’il impose à la France. Comme l’ont déclaré les historiens et démographes qui ont démissionné des instances du musée de l’immigration : « Associer immigration et identité nationale, c’est inscrire l’immigration comme « problème pour la France et les Français dans leur être même ». C’est utiliser sans vergogne la technique déjà éprouvée du « bouc émissaire », afin de dresser les gens les uns contre les autres et les détourner des vrais problèmes. C’est aussi permettre à un système toxique de perdurer en privilégiant les véritables responsables de la crise, bénéficiaires d’une mondialisation inhumaine.

Ce Ministère utilise des méthodes dignes du temps des colonies : rafles de sans-papiers, contrôle d’identité au faciès illégaux, contrôle dans les restaurants, les cafés, les épiceries, devant les écoles, dans les hôpitaux, jusqu’aux administrations (centres de Sécurité Sociale, impôts, pôle emploi) cyniquement invitées à la délation. Il organise des centres de rétention surpeuplés avec miradors, barbelés, fouilles, contrôles et vexations. La police expulse des familles arrêtées au petit matin à leur domicile. Au nom de l’identité nationale on démantèle le droit d’asile, on renvoie des Afghans dans un pays en guerre après les avoir traqués, et on casse le droit au regroupement familial. La politique dite de « codéveloppement » n’est qu’un trompe l’œil permettant la continuation des politiques néo-coloniales. L’« immigration choisie » débouche sur un pillage des cerveaux qui renforce le pillage des ressources naturelles des pays d’émigration, rendu possible par l’usage de la dette et la complicité des dictateurs africains « amis de la France ». Cette grande famille françafricaine sera d’ailleurs au complet pour le défilé du 14 juillet en cette année 2010, cinquantenaire hypocrite des indépendances africaines. Cette politique anti-immigrés se double d’une stigmatisation et d’une ségrégation des quartiers populaires qu’il s’agit de quadriller à l’aide des BAC et des CRS. Lors des émeutes de novembre 2005, le pouvoir avait même été jusqu’à appliquer de nouveau la loi sur l’état d’urgence utilisée durant la guerre d’Algérie.

Malgré les promesses faites à la suite des mouvements de protestation et de la grève générale contre la « Pwofitasyon », dans les territoires d’outre-mer, les pratiques coloniales perdurent comme le montrent les révoltes sociales actuelles.

Au mois de février le Ministre Besson rendra son rapport sur l’« identité nationale ». A un mois des élections régionales, le pouvoir veut utiliser la haine contre les immigrés et leurs descendants pour siphonner les voix du Front national. Nous devons refuser cette politique qui sème la division et nous appelons à une manifestation pour la suppression du ministère de l’Immigration. ` Cette manifestation est organisée cinq ans après le vote de la loi sur la colonisation positive et dans le cadre de la 5e semaine anticoloniale du 19 au 28 février 2010.

Le 23 février 2005, l’Assemblée nationale votait un amendement qui consacrait « le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord » alors que pendant plus de quatre siècles le colonialisme français a participé activement à la traite négrière, au pillage et à l’oppression violente de peuples dont elle a pillé les richesses, détruit les cultures, ruiné les traditions, nié l’histoire, effacé la mémoire. Nous avons fait reculer le pouvoir il y a cinq ans qui a du supprimer l’article 4 de la loi colonialiste du 23 février 2005. Nous pouvons le faire reculer aujourd’hui en exigeant et en obtenant la suppression du Ministère de l’Immigration. Participons à la création d’un ministère de la décolonisation et de l’égalité réelle. Obtenons la régularisation de tous les sans-papiers et le droit de vote des immigrés. Construisons et préparons dès maintenant les changements et propositions permettant de sortir du colonialisme !

Tous ensemble exigeons, la suppression du Ministère de l’immigration et de l’identité nationale !

Tous ensemble pour sortir du colonialisme !

AAW (Americans Against the War), ACCA (Agir Contre le Colonialisme Aujourd’hui), ACTIT, Act Up-Paris, AFASPA, AFD (Alliance for Freedom and Dignity), Afriques en lutte, ALBA-France, Alterecolo, Les Alternatifs, Alternative libertaire, AMF (association des Marocains en France), ASDHOM, ASIAD (Association de Solidarité et d’Information pour l’Accès aux Droits des étrangers non communautaires), ATMF, ATTAC, Au Nom de la Mémoire, CAAC-Comores, CADTM-France, CCIPPP, CEDETIM, Cercle Frantz Fanon, Conscience Musulmane, Association des communistes unitaires, Coordination Nationale des Sans Papiers, CMF, Congrès Mondial Amazigh, COPAF ( collectif pour l’Avenir des Foyers de travailleurs Miigrants,CRI (Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie), CREF, Droits Devant, ENAAC, FASE (Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique),FASTI, FCD (Fédération des Congolais de la Diaspora), FETAF, Fondation Frantz Fanon, FTCR, Gauche Unitaire, Génération Diversité, collectif Générations Engagées, GTT Marseille Gasy Tia Tanindrazana Marseille BdR, APRIM Madagascar Amities Provence Madgascar, Identité Plurielle, Les Indivisibles, Ishtar, Jeunes Verts, Ministère de la Régularisation de Tous les Sans Papiers, Les Oranges, LA MAISON DU TAMIL EELAM, MCD, MJKF, Motivé-e-s Colombes, MQJS (Mouvement des Quartiers pour la justice sociale), MRAP, NPA, Association d’Objecteurs de Croissance AOC, Panthères roses, PSM (Participation et Spiritualité Musulmanes), Peace Breather, PCF, PCOF, Pôle Ethique, Réseau Féministe « Ruptures », Réseau Frantz Fanon International, Respaix Conscience Musulmane (RCM), Réveil des Consciences, RPS (Régions et Peuples Solidaires), Survie, UJFP, Union Syndicale Solidaires, USTKE, Les Verts, La Voie Démocratique, ZEP, 93 au cœur de la République

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