lettre ouverte à la première fortune de France

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Monsieur Mulliez, votre fortune, vous la devez aux salariés de Pimkie !

Publié le 8 janvier 2010

190 licenciements sont annoncés chez Pimkie, dans la métropole lilloise, où les salariés viennent de reprendre le travail après 2 semaines de lutte.

Dans une lettre ouverte à Gérard Mulliez, PDG du groupe Auchan, propriétaire de Pimkie (voir ci-dessous) et première fortune de France, le député communiste Alain Bocquet qui conduira la liste du Front de gauche aux élections régionales de mars prochain rappelle que la fortune de G. Mulliez s’est construite sur les richesses créées par celles et ceux dont il veut se débarrasser.

"Monsieur le Président,

.

Je vous écris cette lettre à vous qui avez la haute main sur l’avenir d’une des entreprises de votre groupe géant : Pimkie Diramode. Vous avez en effet le pouvoir de décider du devenir de 190 salariés que, pour l’instant, vous avez, avec vos actionnaires et collaborateurs, décidé froidement de licencier.


Mais ils n’acceptent pas, à juste titre, le triste sort que vous voulez leur réserver. Ils ont engagé une lutte légitime et courageuse. Et ils ont raison de faire respecter leur dignité et celle de leurs familles.

Plusieurs d’entre eux m’ont sollicité. Je suis allé les saluer et leur apporter mon soutien et celui de mes amis lors du réveillon de Noël qu’ils ont organisé dans le froid devant l’entreprise de Wasquehal. J’ai vu là des enfants aux côtés de leurs mamans en lutte contre l’arbitraire et l’injustice. (…)

Ces salariés n’ont rien à se reprocher. Ils ont fait leur devoir, leur travail et contribué très largement à l’enrichissement de votre groupe. Vous n’êtes pas une des premières fortunes de France sans eux, mais grâce à eux ! Ne l’oubliez jamais !

Pour tenter de justifier ces licenciements, vous avancez l’exacerbation de la concurrence et une baisse des bénéfices. C’est un peu court, quand on sait qu’entre 2001 et 2006 votre groupe a prélevé 160 millions de dividendes chez Pimkie.

En effet, Pimkie, comme le montrent les comptes publiés par la maison mère Diramode, a fait beaucoup de bénéfices : près de 53 millions d’euros sur les cinq dernières années d’exercices soit une moyenne de 10,6 millions d’euros par an. En 2008, le bénéfice net de Diramode est de 10,9 millions d’euros. Un tel résultat est d’abord le fruit de la productivité de vos salariés dont on ne peut pas dire qu’ils sont rémunérés à la hauteur de leur engagement. J’ai eu connaissance de leurs fiches de paie : une misère ! Par ailleurs, pendant que ce sont déroulées en coulisses les restructurations de votre groupe et qui ont touché Diramode (Pimkie), on est stupéfait d’apprendre qu’il y a un an, votre famille d’actionnaires a perçu 45 millions d’euros en tant qu’acompte sur dividendes.

Comment accepter dans ces conditions ces 190 licenciements qui touchent vos entrepôts de Neuville-en-Ferrain et Wasquehal et s’ajoutent aux récents licenciements de 62 salariés chez Xanata, autre entreprise de votre groupe. Cette situation concerne, évidemment au premier chef les salariés et leurs familles. Mais elle concerne aussi les élus du peuple qui sont en droit de demander des comptes, d’autant plus que vous avez bénéficié de l’argent des contribuables pour bâtir les unités de production concernées. Le terrain de Wasquehal, vous a été octroyé à l’époque pour le franc symbolique. Vous avez aussi bénéficié d’aides d’institutions publiques, donc de l’argent des contribuables. C’est d’autant plus inacceptable que si Pimkie comptait en 2002 plus de 1000 salariés sur les deux sites de Wasquehal et Neuville-en-Ferrain, on est tombé aujourd’hui à 600, sept ans plus tard. Et si on vous laissait faire, il ne resterait à peine que 400 salariés, avec une fragilisation évidente des outils de travail concernés. Et dans le même temps, toute honte bue, vous envisagez de délocaliser une partie des activités logistiques de Pimkie en Allemagne, en Espagne voire en Italie. Ce serait un comble ! Vous ne pouvez pas, Monsieur le Président, tout vous permettre sur le territoire. Surtout celui de décider, du jour au lendemain, du sort et de l’avenir de femmes et d’hommes qui ont donné beaucoup pour le développement de votre groupe et qui se retrouvent jetés comme des kleenex. Les salariés ne peuvent être réduits à une simple variable d’ajustement financier au profit des actionnaires. Alors que votre groupe, l’un des plus riches de France, a les moyens de trouver le cas échéant des solutions de reclassements. (…)

Il ne vous suffit pas de déclarer la main sur le cœur (lors du « World Forum » à Lille) « il faut faire passer l’homme avant le fric » (…) Ecoutez le chant de Noël de vos salariés de PIMKIE « Petit papa Mulliez, avec tes millions de billets, pense un peu à tes salariés ». À moins que vous n’ayez le cœur complètement sec, Monsieur Mulliez ? Dans l’attente et prêt à vous rencontrer avec d’autres collègues élus, avec les salariés concernés dans le cadre d’une table ronde, je vous prie de recevoir, monsieur le Président, mes salutations distinguées.

Alain BOCQUET

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