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Monsieur le ministre, je vous retourne mes palmes académiques

Publié le 22 janvier 2011

Proviseur à la retraite, Michel Ascher est révolté d’apprendre que des primes seront attribuées aux recteurs en fonction du nombre de suppressions de postes, voire d’établissements, qu’ils décideront. Après une carrière passée à faire vivre des lycées dans des zones peu favorisées, il décide de retourner ses distinctions au ministre, et dénonce le « cynisme assumé du pouvoir ».

Retrouvez ici le courrier envoyé à Luc Chatel.


Monsieur le ministre,

Le 25 juillet 1996, M. François Bayrou, ministre de l’Éducation nationale de l’époque, a signé mon diplôme d’accès au grade de chevalier dans l’ordre des Palmes Académiques. Le 1er octobre 2004, M. François Fillon, ministre de l’Éducation nationale de l’époque a signé mon diplôme d’élévation au grade d’officier dans l’ordre des Palmes Académiques. Je reçus cette distinction comme un honneur et comme la reconnaissance d’un travail accompli dans des secteurs géographiques variés, souvent défavorisés (Roubaix, Louvroil, Tourcoing, Seclin). Dans ces différents postes, d’abord comme principal, puis comme proviseur, je me suis toujours attaché à tout mettre en oeuvre pour offrir aux élèves accueillis la meilleure formation possible. Pour ce faire, j’ai travaillé en lien étroit avec les différentes équipes pédagogiques pour que la prise en compte des élèves en difficulté soit une réalité et que des conditions décentes d’encadrement soient respectées.

Aujourd’hui, quand je découvre que les Recteurs des Académies se verront attribuer une prime allant de 15.000 à 22.000 euros par an s’ils parviennent à supprimer le plus de postes possibles ou, mieux encore, s’ils osent fermer purement et simplement des établissements par Académie, je ne peux rester sans réaction devant un tel cynisme. C’est pourquoi, mon indignation étant à son comble, je ne souhaite plus que mon nom reste lié plus longtemps à cette distinction dans l’ordre des Palmes académiques.

Tout au long de ma carrière passée à l’Éducation nationale, il m’est arrivé de ne pas être d’accord avec telle ou telle orientation générale de l’Institution, mais le débat existait encore et des solutions pouvaient parfois être trouvées. Aujourd’hui, seule la logique comptable a droit de cité, et le passage en force est la règle de conduite qui, seule, semble pouvoir être retenue. Nos concitoyens, à qui de plus en d’efforts sont demandés, ne pourront que se sentir une fois de plus humiliés par ce geste scandaleux et hautement symbolique d’un pouvoir qui met l’argent au-dessus de tout. Rétribuer un représentant de l’État sur sa capacité à détruire encore plus le service public d’Éducation est un acte qui vous déshonore totalement. (…)

Par votre mépris et votre cynisme vous humiliez tous les personnels de l’Éducation nationale qui n’en peuvent plus de devoir accomplir leur mission dans des conditions que votre politique à très court terme rend de plus en plus déplorables. Je ne peux, monsieur le ministre, que vous transmettre l’expression de ma très profonde tristesse.

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