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Citoyens, c’est vous qu’ils défendent !

Publié le 17 mai 2008

Les salariés de la Fonction publique, en participant nombreux à la journée d’action de ce jeudi 15 mai, ont voulu alerter la population des dangers qui la guettent.

Qui peut croire qu’avec 90 000 enseignants et des milliers de classes en moins d’ici 2012, des dizaines de milliers de jeunes “ radiés ” prématurément du système scolaire comme les chômeurs le sont de l’ANPE, les 2/3 ans déscolarisés, des classes à 35 élèves partout, l’école assumerait mieux sa mission qu’aujourd’hui ? Qui peut croire qu’avec 160 000 fonctionnaires en moins, la quasi-disparition des services publics de proximité, l’abandon par l’État de missions comme le contrôle sanitaire, les cartes grises ou les permis de construire, la fermeture de nombreux services hospitaliers voire de petits hôpitaux ou de petites maternités, la raréfaction des tribunaux, la population s’en porterait mieux ? Ces menaces ne relèvent pas de la politique-fiction. Elles sont à l’œuvre à travers les nouvelles “ cartes ” scolaire, judiciaire, hospitalière, en parallèle avec la fameuse “ RGPP ”.


Une arme de destruction nommée « RGPP »

Qu’est-ce que cette “ RGPP ”, la “ Révision générale des politique publiques ” ? Sous couvert de “ moderniser ” la France, elle vise à tuer définitivement le système de services publics et de protection sociale basé sur la solidarité nationale, issu des luttes sociales du 20e siècle. Pour mettre quoi à la place ? Un système où chacun se prendrait en charge individuellement selon ses moyens personnels, en matière de santé, d’éducation, de logement, de dépendance-vieillesse, de transport, de fourniture d’énergie, etc. Si l’on y ajoute la “ réforme ” du code du travail qui vise à permettre au patronat de licencier sans risque… “ c’est une inversion totale de la société qui se met en place ” expliquait l’Intersyndicale Éducation de l’Académie de Lille, vendredi dernier, en présentant à la presse le mouvement de grèves et de manifestations de ce 15 mai “ pour la fonction publique ”, et donc “ pour les citoyens ”. Ce mouvement, dans l’esprit des syndicalistes, a d’ailleurs été conçu comme une “ alerte ” à destination de toute la population contre des politiques menant au “ chaos ”. Le mot n’est pas trop fort. Les 160 000 suppressions de postes prévues d’ici 2012 par la “ RGPP ”dans l’ensemble de la fonction publique constituent le “ plan social ” le plus important jamais vu en France.

Qui peut croire qu’en supprimant 90 000 postes d’enseignants d’ici 2012, l’École fonctionnera mieux ?

Au premier rang de cette entreprise de démantèlement figure évidemment l’Education nationale avec encore plus de 800 suppressions de postes (le Rectorat en avait annoncé 777 !) programmées dans les lycées de l’Académie de Lille. Le prétexte de la baisse démographique est bidon. Dans l’enseignement professionnel, 260 postes d’enseignant seront supprimés pour 800 élèves en moins, soit un poste supprimé pour trois ou quatre élèves de moins ! En moyenne, dans le secondaire, un poste d’enseignant est supprimé pour huit élèves en moins, et un poste créé pour 1 000 élèves de plus ! Qu’ils soient FSU, SUD, CGT, CFTC, UNSA, Solidaires ou CFDT, les témoignages des syndicalistes enseignants concordent : la situation devient intenable. Les effectifs sont devenus tellement restreints que les professeurs remplaçants sont affectés à des postes pleins et qu’il n’y a donc plus personne pour remplacer les absents ! C’est le cas en Allemand à Lille et à Dunkerque. Des options sont supprimées, en attendant peut-être de supprimer des disciplines complètes ? Les classes de 35 élèves deviennent monnaie courante. Les contrats des employés précaires administratifs ne sont pas renouvelés. Une cinquantaine sont concernés dans l’Académie de Lille. D’autres se retrouvent à cheval sur deux ou trois établissements. Comment faire du bon travail dans ces conditions ?

Une réforme des lycées décidée le… 10 juillet ?

Cette professeur de Français doit se partager entre trois établissements à Arras, Méricourt et Vermelles (près de Béthune), frais de transport à sa charge bien sûr ! Un de ses collègues dispose d’une heure entre 12 et 13 heures pour se rendre d’un lycée à un autre distant de 45 kilomètres ! Évidemment, ce jour-là, il ne mange pas. Si les enseignants décidaient de boycotter les heures supplémentaires que l’Académie prétend leur imposer –ce qui n’est pas exclu-, la rentrée pourrait ne pas se faire dans certains établissements en septembre prochain par manque de personnel suffisant ! Et puis, tout est décidé d’en haut, sans concertation comme “ ces nouveaux programmes écrits par on ne sait qui ”… se plaignent amèrement les enseignants qui craignent de voir une réforme des lycées décidée, dans leur dos, le… 10 juillet. Des enseignants qui supportent de plus en plus mal un ministre, monsieur Darcos, qui visiblement les méprise, voire les insulte en traitant, par exemple, leurs manifestations de “ bouffonneries ”. A noter que ce 15 mai, de nombreux enseignants du privé, dont beaucoup ne connaissent que la précarité en enseignant seulement deux à trois heures par semaine, se sont joints à leurs collègues du public.

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