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Cinquante ans après les morts de Charonne, CGT et PCF n’oublient pas les camarades

Publié le 10 février 2012

(La voix du Nord, 9 février 2012)

« On n’oublie pas », jure « L’Humanité », en première page, sur le journal roulé de ce vieil homme. Hier, sur la place de la République, ils sont plusieurs, comme lui, à serrer le journal communiste. D’autres lui ont préféré les drapeaux. PCF et CGT, rouge sur rouge.


« À nos camarades. Charonne, n’oublions jamais », reprend la gerbe de fleurs qu’apporte Joseph Demeulemeester. Le secrétaire de la section de Lille du PCF, 34 ans, n’était pas né lors de la grande manifestation parisienne du 8 février 1962. Ce jour-là, à Paris, les adversaires de l’OAS sont dans la rue. Depuis des semaines, les enragés de l’Algérie française multiplient les attentats. Jusqu’à Lille, où la Maison des étudiants est plastiquée dans la nuit du 14 au 15 janvier. Le 7 février, à Boulogne-Billancourt, une bombe visant Malraux mutile une fillette. Le lendemain, des milliers de personnes battent le pavé parisien « contre les forces fascistes et l’extrême droite », rappelle Joseph Demeulemeester devant une cinquantaine de militants, dont des représentants du MRAP et de la Ligue des droits de l’homme.

La police charge les manifestants autour de la funèbre station de métro Charonne. Huit corps sans vie en seront tirés (une neuvième victime décédera à l’hôpital), cégétistes et communistes. « Le préfet de police, Maurice Papon, n’eut aucun scrupule, pas plus en février 1962 qu’en octobre 1961 (répression sanglante de partisans de l’indépendance) », condamne Joseph Demeulemeester, avant d’égrener les noms de ces neuf hommes et femmes « qui ne devaient pas mourir ». « Ce n’étaient pas des émeutiers, mais des citoyens opposés à l’OAS », lance Vincent Delbar, secrétaire de l’Union départementale de la CGT.

Les deux responsables, à l’unisson, mettent en garde contre le « poison de l’extrême droite », toujours à l’oeuvre. « Les crimes de la guerre d’Algérie, martèle le responsable communiste, ont été commis au nom de la supériorité de la civilisation française. » Claude Guéant, si tu nous regardes... • S. B.

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LILLE / COMMÉMORATION

50 ans après Charonne, « le poison est toujours là »

Nord eclair jeudi 09 février 2012

Une cinquantaine de personnes se sont réunies, hier, sur la place de la République pour rendre hommage aux neuf victimes du 8 février 1962.

Représentants du PCF et de la CGT ont dénoncé la remontée de l’extrême droite en France.

Il est 19h37 à Paris ce 8 février 1962, lorsque la préfecture donne l’ordre à ses unités spéciales de « disperser énergiquement » les manifestants pacifistes venus protester contre « la sale guerre d’Algérie ». Pris en étau, certains trouvent refuge dans le métro Charonne. Fanny Dewerpe, Anne-Claude Godeau, Suzanne Martorell, Daniel Ferry, Jean-Pierre Bernard, Édouard Lemarchand, Hyppolite Pina, Raymond Wintgens et Maurice Pochard succombent aux violences. Ils avaient entre 16 et 48 ans. « Leurs noms ne doivent pas disparaître, clame Joseph Demeulemeester, secrétaire de la section lilloise du Parti Communiste Français (PCF). Pas seulement parce qu’ils étaient tous membres de la CGT, mais parce que leurs valeurs sont les nôtres aujourd’hui. »

« Car le poison est toujours là, martèle-t-il, dans la prétendue supériorité de la civilisation française avancée par Claude Guéant, et qui fut le prétexte des guerres coloniales. » « Les violences physiques et institutionnelles contre les militants progressistes persistent » insiste Annick Balallan, membre du comité régional de la Ligue des droits de l’Homme. Les manifestants sont repartis sans heurts, sous l’oeil placide de quatre fourgons de police. ÉMILE RABATÉ

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