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Débat à Wazemmes le 13 juin : pluralisme de la presse et liberté d’expression

Publié le 10 juin 2008

Paradoxe : alors qu’il n’y jamais eu autant de médias, de réseaux et d’outils pour diffuser et échanger l’information, la culture, les idées... le droit d’informer et d’être informé ne semble décidément plus pouvoir être exercé.

Débat en partenariat avec les amis d’Alger Républicains, Africains du Nord, Radio Campus, Liberté Hebdo et la cellule de Wazemmes du PCF

LA LIBERTE D’EXPRESSION VUE DES DEUX RIVES DE LA MEDITERRANEE VENDREDI 13 JUIN 18h30 MAISON DE QUARTIER DE WAZEMMES 36 rue d’Eylau

Restauration sur Place : Chorba traditionnelle algérienne (PAF 3€)


Entre attaque sur le service public de l’audiovisuel, fragilité économique de la presse quotidienne, pressions politiques à peine masquées et constitution d’empires médiatiques sous la coupe de quelques industriels, il y a danger pour le pluralisme, la diversité, la démocratie.

Cela ne peut pas continuer ainsi !

Le business aux commandes

Alors qu’elle devrait être considérée comme un bien public, l’information est devenue une marchandise, l’objet d’une industrie comme les autres. Les grands propriétaires de médias privés imposent aux journalistes comme aux lecteurs et téléspectateurs, l’audience, le populisme et le racolage pour toute philosophie : l’important n’est plus de divertir, d’informer ou de cultiver, mais de faire des profits et de vendre aux annonceurs du temps de « cerveau disponible » comme l’avait confié un dirigeant de TF1.

Dorénavant, les choix rédactionnels et de programmation des médias sont guidés par le marché, par les profits. Et cette logique s’accélère. Chaque jour de nouveaux titres, de nouvelles chaînes, de nouvelles radios passent sous la coupe de ses nouveaux empires ; par le biais de participations croisées, le paysage médiatique français est aujourd’hui écrasé par une poignée de groupes souvent proches du pouvoir : Lagardère, Bouygues, Dassault, Bertelsmann, Bolloré,.. Rien d’étonnant alors à ce que Nicolas Sarkozy déclare son intention supprimer les maigres barrières législatives qui limitent encore cette logique de financiarisation et de concentration. Rien d’étonnant non plus à ce que le Président s’en prenne symétriquement au service public.

Le service public menacé

Manifestant une belle solidarité de classe avec ses amis Bouygues, Bolloré et Lagardère, Nicolas Sarkozy a annoncé son intention de supprimer la publicité sur le service public pour reporter sur le privé les recettes publicitaires qui feront dorénavant défaut à France Télévisions. Pire, il n’ouvre aucune perspective sérieuse pour contrebalancer les pertes d’un service public déjà sous-financé : pas d’augmentation de la redevance, pas de taxe sur la pub, pas de prélèvements sur les profits du privé.

Résultat : le fait du prince menace aujourd’hui l’existence même d’un service public, ses capacités à peser pour financer le cinéma et la création, à relever les défis du numérique, de l’Internet et de la télévision locale.

Bienvenue sur Radio Medef

On se rappelle quelles dérives avaient été rendues possibles, aux pires heures de notre histoire, par une concentration excessive de la presse entre quelques mains. Or aujourd’hui, jamais le patronat n’aura détenu autant de moyens pour peser sur les consciences, exposer ses projets et taire ce qui les contrarie. Jamais le pluralisme n’aura été si ouvertement bafoué.

Depuis quelques mois, la confusion se trouve accélérée par de nouvelles pratiques politiques et en particulier l’omniprésence du chef de l’état à longueur d’antenne comme dans la presse people. On assiste également au retour à des pressions politiques inadmissibles sur les journalistes comme en atteste la protestation justifiée des personnels de l’AFP.

Fragilisés, les journalistes n’ont plus véritablement les moyens de s’opposer à ces pressions et n’ont d’autres choix que se soumettre ou se démettre.

Le Parti Communiste Français ex-communiqué

Un véritable rideau de fer idéologique tente aujourd’hui d’occulter le débat public. Tout ce qui n’est pas conforme aux attendus de la pensée dominante est effacé. Comme d’autres, les communistes font les frais de cette orientation délibérée. La bipolarisation de la vie politique française, que certains appellent de leur voeux se trouve ainsi confirmée voire anticipée par des pratiques éditoriales.

Une situation que Marie-George Buffet a dénoncé dans une lettre au Président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel :

« Il va sans dire que notre conception du pluralisme ne se résume pas, comme nous vous l’avons déjà signifié, au seul décompte des temps de parole des partis politiques, mais malheureusement l’absence de pluralisme dans le choix des éditorialistes, ou l’absence répétée de « paroles » citoyennes et syndicales à hauteur de leur place dans la société ne fait que confirmer et aggraver « l’excommunication » dont notre peuple est victime. »

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