Conseil Municipal du lundi 1er février 2010

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Motion sur les réformes en cours dans le secteur de la Petite enfance

Publié le 3 février 2010

A travers les réformes sur la petite enfance, c’est toute la qualité de l’accueil et de l’éducation des tout petits qui est remise en cause : qu’il s’agisse du contrat enfance jeunesse, du plan métier, du rapport Tarabot, de la loi de financement de la sécurité sociale.

Le Collectif régional le disait très justement, illustrant sa réflexion en paraphrasant les Paradoxes du travail social de Michel AUTES, chercheur reconnu de notre Région, nous constatons le passage « d’un travail social de promotion à un travail social de gestion ».

Si toute la question de la petite enfance est posée, j’insisterai, pour ma part, sur l’accueil des 2-3 ans à l’école maternelle… car c’est bien l’école maternelle la première cible des dispositifs annoncés, notamment à travers l’expérimentation des jardins d’éveil.

Du rapport TABAROT, aux jardins d’éveil de Madame MORANO et à l’annonce faite par le directeur de la CAF de Lille d’une éventuelle expérimentation à l’étude au centre social de Wazemmes, une seule volonté s’exprime, une volonté forte et peu argumentée : économiser des postes d’enseignants, remettre en cause le principe de gratuité et aboutir à une réduction des ambitions du service public d’éducation. Mais que signifie exactement ce recul de la scolarisation précoce pour les enfants et les familles ? L’école maternelle n’a pas une mission d’accueil mais une mission éducative. A travers l’acquisition de savoirs, elle vise à apprendre le fonctionnement de l’école. Elle n’est pas un mode de garde et sa spécificité tient, je cite René AMIGUES, professeur en sciences de l’éducation à l’IUFM d’Aix Marseille, « dans la transmission de façons de dire, de faire et de penser à propos de la manipulation d’objets de savoir ». Il s’agit d’une construction qui s’inscrit dans la durée. « C’est différent d’un mode de garde, d’un accueil où l’enfant interagit avec les autres ou répond à des sollicitations pour répondre à un besoin immédiat ». L’enjeu est de taille, d’abord, pour les enfants qui, dans leur famille sont les plus éloignés des activités langagières sachant que l’attitude professionnelle profite à ceux qui sont les plus éloignés de la culture scolaire.

Dans les études menées par le Rectorat de Lille durant la décennie 90, la scolarisation précoce a été identifiée, dans notre Académie, comme le facteur permettant de comprendre le faible taux de redoublement dans une région vouée à l’échec scolaire au regard de sa situation sociale. La maternelle est, en outre, non seulement un outil de prévention de l’échec scolaire mais aussi un lieu où les parents apprennent à devenir parents d’élèves : l’enjeu est double à la fois pour les enfants mais aussi pour les parents.

Le fait de priver les familles du libre choix d’inscrire ou non leurs enfants, dès deux ans, est inacceptable d’autant que nous savons tous ici que ce refus va bien au-delà puisque nombre d’enfants de notre ville atteignant 3 ans en cours d’année sont refoulés et n’ont aucune possibilité d’intégrer la maternelle.

Il y a urgence à ce que les « Etats généraux » que nous revendiquons se tiennent pour répondre aux attentes des familles, des collectivités, des professionnels et pour renouer ainsi avec une exigence de qualité digne d’un pays les plus riches au monde.

Il y a urgence, une urgence dictée par la mise en cohérence des différents dispositifs gouvernementaux, la mise en pièce de la formation des maîtres, associés à la mise en concurrence du service public annoncée par un traité de Constitution qu’une majorité de Français a rejeté par voie référendaire et qui a été ratifié par le Congrès Versailles, le 4 février 2008, au mépris de l’expression populaire, très mobilisée sur cette question.

Cette urgence incite le groupe communiste à voter mais aussi à faire vivre et porter cette motion.

Je vous remercie de votre attention.

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