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Lille : le Front de gauche dévoile son programme pour « une ville à vivre, et non à vendre »

Publié le 27 janvier 2014

(Voix du Nord du 25 janvier 2014) Alors que mardi, le candidat UMP-UDI annonçait vouloir associer à Lille neuf communes limitrophes, c’était jeudi au tour de la liste Front de gauche d’amorcer ses propositions. Et elles sont sans surprise à des lieues de celles de la droite. Hugo Vandamme (PC) et ses colistiers ont choisi le thème du logement, central dans le quotidien des Lillois.


« Dans le budget des ménages, qu’est-ce qui pèse le plus lourd ? Le loyer et les charges. Et notre liste l’Humain d’abord veut développer un programme qui réponde à ces questions : comment bien vivre à Lille ? Comment la rendre moins chère ? Cela passe par la politique du logement », explique Hugo Vandamme.

Le chef de file communiste de la liste Front de gauche aux municipales, épaulé par le leader lillois du Parti de gauche Sébastien Polvèche, et soutenu par Sylviane Delacroix, élue PC actuelle, entre en campagne avec des questions de fond. « On n’est pas là pour vous distraire », lance Hugo Vandamme. Contrairement à qui ? Il ne cite pas ses adversaires politiques, mais rappelle sobrement le score du Front de gauche à la dernière présidentielle à Lille-Lomme-Hellemmes : 15,42 %. « Nous sommes la deuxième force de gauche à Lille », conclut le communiste. Et donc, pas là pour nous distraire.

« Les gens viennent s’installer à Lille, mais ne restent pas »

Aborder la campagne par le thème du logement n’est pas anodin. Les constructions, nombreuses, ont rythmé tout le mandat et ont modifié en profondeur l’aspect de certains quartiers. « On salue ces efforts. La ville compte à présent 23 % de logements sociaux et les élus du Front de gauche y ont contribué. Mais la situation reste paradoxale… » Hugo Vandamme brandit une feuille A4, soit 21 cm sur 29,7 cm. « Aujourd’hui, une petite surface comme celle-là, à Lille, coûte 0,87 € à la location, 0,77 € il y a six ans. À la vente, en 2004, cette surface coûtait 80 €, en 2012, elle en valait 147 €. Je vous laisse ramener ces chiffres à la proportion d’un appartement. » L’« envolée » des prix qu’il dénonce fait de Lille une ville chère, « encourage les spéculations » immobilières. « Le Vieux-Lille, c’est place au luxe. Et Wazemmes et Moulins sont en grande mutation aussi. Les commerces aussi sont chassés. Les gens viennent s’installer à Lille, mais ne restent pas. Est-ce qu’on veut une ville à vendre ou une ville à vivre ? Nous voulons faire campagne pour rendre Lille moins chère. »

Selon les chiffres réunis par le Front de gauche, c’est « l’exode », pointe Sylviane Delacroix, avec plus de 50 % des jeunes ménages incapables de louer un appartement à 450 € par mois. Et avec le départ de 24 593 habitants entre 2003 et 2008 vers le Pas-de-Calais, où la vie est moins chère.

Être capable de vivre dans sa ville passe aussi, pour le Front de gauche, par une révision de certains tarifs (eau, transports, lire ci-dessous). Un début de programme directement inspiré du dialogue engagé avec la population lors de différentes assemblées citoyennes, mais aussi par « toutes les expertises de notre liste. Il n’y a pas de suiveurs. Ce sont des gens motivés, qui ont un savoir-faire, des richesses sur tous les dossiers », promet Hugo Vandamme. Cette liste complète sera dévoilée à la mi-février.

Quelques propositions sur le logement

Fiscalité

« Travailler sur la maîtrise de l’immobilier et du foncier. » Donc : rééquilibrage des trois taxes, habitation, foncier bâti, foncier non bâti. La première est à 33,55 %, la deuxième à 23,56 %, la troisième à 16,65 %. « Nous voulons baisser la TH et augmenter les deux autres », dans des proportions à affiner.

Maîtrise du sol

Privilégier le système de bail emphytéotique, « quel que soit le bailleur, pour que la puissance publique garde la maîtrise du sol ». Applicable à Fives-Cail-Babcock, Saint-Sauveur et au Port fluvial.

Logement social

« On nous annonce 12 000 ou 13 000 nouveaux logements selon les jours, ironise Sylviane Delacroix. Je suppose que cela englobe aussi bien les avant-projets imaginés et les constructions effectives… Mais à Lille, Lomme et Hellemmes, plus de 70 % des habitants restent des ayants-droits aux HLM. On est en deçà de la demande. » Le FDG pointe un déficit de PLAI (logements très sociaux) et préconise, pour toute nouvelle construction, 40 % de logements sociaux (une majorité de PLAI).

Rénovation

Travailler sur les « poches oubliées de l’ANRU », cibler les rénovations d’immeubles collectifs dégradés.

Droit de préemption

Qu’il en soit fait usage « dès que possible, quand on soupçonne une revente ou une visée spéculative ».

Attributions de logements

Le FDG veut « plus de transparence », et que les associations de locataires soient associées.

Expulsions

Que les difficultés particulières des personnes soient prises en compte, ne pas « ajouter de la misère à la misère ».

Habitat indigne

La ville y travaille (400 logements par an, des propriétaires dénoncés au procureur), mais le Front de gauche veut un service dédié à la mairie et l’accompagnement en justice des locataires. Autre idée : conditionner les aides pour travaux de la ville aux propriétaires à la non-augmentation des loyers.

Révisions de tarifs de service public

Le Front de gauche veut lutter contre « cette tentation des élus de faire prendre à certains tarifs municipaux le relais d’impôts qu’on ne peut pas augmenter ou de dotations en baisse ». Il réinterroge la manière dont les services publics sont gérés.

Eau

Le FDG prône la gratuité des premiers m3 et une « tarification progressive ». En outre, les tarifs doivent faire la différence entre l’eau domestique et l’eau commerciale, consommée par les sociétés. La liste prône un retour en régie publique.

Transports

« Le Front de gauche ne dit pas tout ou rien », prévient Sébastien Polvèche. La liste propose donc des mesures de court terme et de long terme. Le court terme : la baisse des tarifs de transports, la gratuité étendue aux bénéficiaires du RSA, la gratuité totale pour les scolaires. Le long terme étant la « gratuité pour tous ». Et pour financer le réseau et l’entretenir, un retour en régie « fera disparaître certaines charges ». Il cible la rémunération de Kéolis, en contrat avec LMCU au titre de la délégation de service public. Le FDG pointe aussi, avec la gratuité, les économies en carte Pass Pass, matériel et guichets à tenir. La liste emmenée par Hugo Vandamme souligne qu’il faudrait repousser le plafond déjà atteint de 2 % afin d’augmenter le versement transport des entreprises. Le FDG préconise enfin la gratuité des parkings relais.

S.FASQUELLE

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