Conseil municipal du 23 novembre 2012

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Intervention de Hugo VANDAMME sur les actions 2013 du Projet Educatif Global (PEG)

Publié le 29 novembre 2012

Monsieur le Premier adjoint, Chers collègues,

J’interviens ici au nom du groupe communiste sur la délibération 12/725 concernant l’adoption du programme annuel d’actions 2012-2013 du Projet Educatif Global des communes de Lille, Hellemmes et Lomme.

Il s’agit d’un plan d’actions qui, malgré une diminution des moyens de l’Etat, se veut à la fois large, complémentaire et ambitieux pour permettre aux jeunes de se développer en s’appropriant l’histoire et le patrimoine de notre territoire à travers l’art, le sport et la culture.

Ce PEG affiche clairement la volonté d’accompagner tous ces jeunes dans leur environnement quotidien. Ils apprennent le « vivre ensemble » notamment dans les relations entre garçons et filles.

Néanmoins, un point important mérite d’attirer notre attention car il constitue un enjeu majeur pour notre ville dans cette période de crise et de doute autour de l’avenir de la jeunesse. Je veux parler du risque d’accélération du décrochage scolaire contre lequel nous avons raison de lutter en proposant des solutions.

Toutefois, je m’interroge sur la subvention de 36 700 euros accordée dans ce cadre. Elle représente le coût le plus élevé du programme d’actions présenté.

Lorsqu’un jeune a décroché du système scolaire depuis moins d’un an, son profil le fait intégrer une mission spécifique du Rectorat. En revanche, lorsqu’un jeune a décroché depuis plus d’un an, c’est la Région, par un protocole sur les décrocheurs signé avec le Rectorat, à qui revient la compétence d’agir.

Ceci étant précisé, nous savons qu’auparavant, cette politique était financée par la politique de la ville. Mais, aujourd’hui, comme nous le montre la délibération portant sur le Débat d’Orientation Budgétaire, dans sa quatrième page, nous n’avons plus accès aux dotations de solidarité urbaines de cohésion sociale, soit une perte d’un million d’euros par an à partir de cette année.

On peut donc constater un double transfert de l’Etat et de la Région vers la Ville, ce qui s’éloigne de l’esprit du PEG qui doit venir en complémentarité. Malgré toute l’attention que nous prêtons à la situation dramatique de ces jeunes, je m’interroge sur cet état de fait. Par ailleurs, je m’étonne de ne pas trouver au titre de nos partenaires en matière de lutte contre le décrochage scolaire, la Mission Générale d’Insertion qui dépend du ministère de l’Education Nationale et qui a pour but de réduire le nombre de sorties du système scolaire sans qualification et de préparer tous les élèves à une qualification reconnue en vue d’une insertion sociale et professionnelle durable. Il me semble qu’il aurait été pertinent de travailler à la base du problème du décrochage, en complémentarité, dans le cadre d’un tel partenariat car en terme d’efficacité, on risque de payer ce manque de cohérence entre tous les acteurs.

Sur un tout autre point, même si les priorités visent naturellement le public « jeunes », je m’interroge également sur le fait de savoir comment le PEG peut porter la question de la formation tout au long de la vie, en veillant sur les moyens qui existent offrant de l’appétence pour la formation continue. Comment créer un climat favorable pour que les jeunes deviennent eux-mêmes acteurs de leur propre formation et de leur propre émancipation tout au long de leur vie ? Comment créer une passerelle vers les espaces de formation continue ?

Enfin, je crois que nous devons nous interroger sur les moyens à mettre en œuvre pour bonifier l’utilisation du passeport numérique de compétence afin de valoriser les élèves dans l’acquisition de savoir-faire, de savoir être, de connaissances et de compétences acquises pendant et hors du temps scolaire. En effet, je pense que le passeport numérique en cours d’expérimentation devrait désormais être généralisé sur tout le territoire.

Et pour conclure, je termine rapidement mon propos sur un sujet périphérique mais qui a son importance au vu de son impact sur la vie des familles. Vous le savez, les communistes sont favorables à une loi permettant de scolariser les enfants dès l’âge de deux ans et rendant obligatoire la scolarisation à partir de l’âge de trois ans. C’est pourquoi, fidèles à notre programme municipal, nous restons particulièrement attentifs aux actions menées dans le domaine de la petite enfance car toutes les études démontrent que ces politiques, si elles s’en donnent les moyens, permettent de réduire les inégalités sociales.

Nous veillons également à ce que notre projet municipal en la matière demeure « éducatif », en complémentarité des compétences pédagogiques qui doivent légitimement rester entre les mains du corps enseignant.

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