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La Voix du Nord du 19.01.10

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Régionales : le premier combat politique de la Madeleinoise Valérie Pringuez, déléguée CGT

Publié le 20 janvier 2010

Elle n’a jamais fait de politique, elle n’adhère à aucun parti, même si elle « se reconnaît le plus dans le PC ». La Madeleinoise Valérie Pringuez sera candidate aux régionales sur la liste du Front de gauche.


Mère de deux enfants de 3 et 9 ans, Valérie Pringuez habite à La Madeleine depuis cinq ans. Elle n’a pas été candidate aux dernières municipales et pour cause, elle n’était pas militante politique. De fait, ce sont les politiques qui sont venus à elle.

Elle faisait partie des responsables syndicaux lors du récent conflit chez Pimkie. Deux réveillons sur le piquet de grève et quelques visites d’élus plus tard, le PC lui demandait de figurer sur la liste du Front de gauche.

« Les élus communistes ont été présents du début à la fin, sans vouloir récupérer le mouvement, assure Valérie Pringuez.

Ils ont pensé que ce serait une bonne chose que je sois sur la liste, ils ont trouvé que je parlais bien ; je figure comme syndicaliste ; il y a aussi une étudiante, à la 10e place. » Le PC n’a pas été seul à solliciter la déléguée syndicale CGT, unique responsable à refuser de signer le plan social (175 suppressions de postes), pour manque de clarté dans les reclassements et les conditions de travail des salariés restants. Le Parti de Gauche, venu lui aussi soutenir les « Pimkie », a proposé, peu après le PC, une candidature aux régionales à Valérie Pringuez.

Celle-ci a ainsi convaincu Marie-Laure Darrigade-Belocq, 14e sur la liste du Front de gauche, où elle représente donc le Parti de gauche, après avoir défendu le PS (courant Mélenchon) aux municipales madeleinoises.

Valérie Pringuez, elle, est 2e de la liste. Le Front de gauche souhaitant mettre en avant une syndicaliste. À la CGT, la jeune femme de 35 ans a deux missions principales. Elle est secrétaire fédérale à la Fédération commerces et services, depuis 2008 ; elle est déléguée syndicale centrale pour l’unité économique et sociale qui comprend Pimkie (magasins de la famille Mulliez), Diramod (entrepôts) et Soprimo (Mod’affair, déstockage), depuis 2004. Salariée à Pimkie Euralille, elle y travaille en fin de journée et le samedi.

Ces journées chargées la ramènent tard à La Madeleine, commune proche de son enfance, puisqu’elle est originaire de Marcq-en-Baroeul. Elle y a effectué toute sa scolarité (école Pagnol, collège des Hautes Loges, lycée Kernanec). Voilà que le combat des régionales, sur une liste « grand angle à gauche » (PC, Parti de gauche, écologistes, personnalités...) s’ajoute aux luttes syndicales de Valérie Pringuez. « Je suis prête à assumer, bien sûr, mais je n’ai pas encore concrètement imaginé que je pourrais être élue. » C’est la prochaine étape. •

CF

La Madeleinoise qui aime la franchise, du syndicalisme à la politique

Voix du Nord 24.01.10

À 35 ans, Valérie Pringuez se lance en politique. La militante CGT de chez Pimkie est 2e de la liste du Front de gauche aux élections régionales. De Marcq à La Madeleine en passant par Lille 3, l’essence d’un parcours.

PAR C. FURLING

1.Est-on bourgeois quand on vit à Marcq ? Pas forcément. « Mes parents étaient ouvriers, mon père travaillait à EDF, on habitait au Pont Courroy. J’avais quelques amis au Bourg, mais je ne vivais pas la même réalité que les enfants du Quesne. On sentait une distance, qu’on ne faisait pas partie du même milieu. » Après le lycée Kernanec, Valérie Pringuez a quitté Marcq, où ses parents vivent toujours.

2.Se tait-on dans le commerce ? Pas forcément. Valérie rêvait d’être chercheuse en neuro-psychologie. « Je me suis mise à travailler chez McDo pour payer mes études à Lille 3 et avoir mon indépendance. J’ai lâché en maîtrise de psycho. Je le regrette, même si j’apprécie énormément le milieu syndical. » Elle s’y frotte à La Tête dans les nuages, magasin dont elle dirige l’enseigne lommoise.

Elle se syndique en 2000. « L’entreprise était en redressement judiciaire, mais le magasin de Kinepolis ne devait pas fermer. Le patron en a décidé autrement. On s’est battu pour éviter la fermeture, mais on n’a pas réussi. On a vu que le tribunal de commerce était un tribunal de patron. En revanche, j’ai gagné aux prud’hommes, c’est ce qui m’a fait croire au syndicalisme. » Valérie a choisi la CGT parce que son père y était. « C’est la seule organisation dont la démarche part de la base et qui décide tout avec les salariés », dit-elle. Même si elle désapprouve, comme d’autres cégétistes, Bernard Thibault quant à la loi sur la représentativité, qui peut réduire ses heures de délégation.

3.Reste-t-on à la CGT dans la sphère Mulliez ? Oui. Valérie cherche même à faire croître la CGT à Pimkie, où elle entre en 2003. Tandis qu’elle intègre l’encadrement, elle « construit la CGT ». À ses premières élections, elle coiffe la CFDT au 1er tour. Déléguée syndicale, elle s’attire force sympathisants, quand les adhésions sont dures à obtenir. En 2008, elle qui aime d’abord « le contact avec la clientèle » devient secrétaire fédérale commerce et services. « Je m’occupe de la syndicalisation, c’est ce qui me botte le plus. » Sur les terres d’Auchan et McArthur Glenn, elle enregistre des adhésions et une première : aux prud’homales, la CGT l’emporte.

4.Est-on récupéré en faisant de la politique ? Non, analyse Valérie, qui représente le syndicalisme sur la liste du Front de gauche. « Je ne suis pas du style à mettre le feu, je suis pour le dialogue social. Mais s’il n’est pas possible de discuter, je dis qu’on va aux prud’hommes ou qu’on met le feu. À Tati Leers, on a réussi à s’entendre. » Pas à Pimkie. Durant la grève, les élus du PC ont été nombreux. « Ils nous ont apporté une aide logistique et Alain Bocquet a écrit aux Mulliez et à Sarkozy. » Le PC la sollicite pour les Régionales. « Je ne m’y attendais pas du tout... J’ai toujours été déconnectée des politiques, ils noient le poisson. Pas Alain Bocquet, qui est franc et simple dans ses idées. » Dans cette liste « de terrain », elle veut rester elle-même. « Je ferai la campagne sur l’emploi et les salaires, peut-être sur le temps de travail. » Quant à sa probable élection, elle prend ce week-end pour en mesurer la réalité. •

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