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Michel Naudy nous a quittés

Publié le 6 décembre 2012

Âgé de soixante ans, notre camarade Michel Naudy a été retrouvé mort, le 2 décembre, à son domicile d’Ascou (Ariège). La vie de Michel Naudy a entièrement été consacrée à la dénonciation de l’inacceptable et à la recherche de la vérité en tant que journaliste engagé et militant. Ancien chef du service politique de l’Humanité, cofondateur de l’hebdomadaire Politis, Michel Naudy avait rejoint FR3 en 1981, jusqu’à devenir rédacteur en chef de l’édition nationale.


Sa dernière apparition publique aura été pour dénoncer les «  nouveaux chiens de garde  » dans le film éponyme. Son «  engagement viscéral contre le consensus mou  » lui valut d’être «  débarqué de son poste  » de rédacteur en chef, puis d’être censuré en mai 1995 de France 3 Île-de-France, avant d’être réintégré. Depuis plus de quinze ans, il attendait que France Télévisions honore son contrat de travail.

Le mutisme de France télévision

Pas une seule réaction officielle de France Télévisions, pas une mention à l’antenne : jusqu’à sa mort, Michel Naudy aura illustré la difficulté de la télévision à parler d’elle-même, et de la dureté, parfois, de ses rapports de force internes. Agé de soixante ans, Naudy a été retrouvé mort, atteint d’une balle dans la tête, dimanche 2 décembre à son domicile d’Ascou (Ariège). Ancien chef du service politique du quotidien l’Humanité puis cofondateur et rédacteur en chef de l’hebdomadaire Politis, Naudy avait été journaliste à France 3 à partir de 1981 puis rédacteur en chef de la rédaction nationale. Il avait été, en 1995, à la tête d’une des premières émissions de critique média sur France 3 Île-de-France : « Droit de regard ». Mais cette année-là, une de ses émissions avait été censurée. Il avait alors démissionné avant de revenir à France 3 où il se retrouva « placardisé », comme l’explique à @si un responsable du SNJ-CGT de la chaîne.

Un parcours illustrant la discrimination politique au sein des médias

Naudy avait conservé le statut de rédacteur en chef national, sans affectation. Régulièrement, il demandait un poste à sa direction. La CGT envoyait aussi chaque année un courrier à la DRH, auquel on répondait qu’aucun poste ne correspondait à sa fonction de rédacteur en chef national. En 2008 ou 2009, alors qu’un poste de chef du service politique national de France 3 se libérait, il postula avec le soutien de la CGT devant la commission paritaire. « La commission a été très violente ». On lui aurait alors signifié qu’il ne pouvait avoir ce poste en raison de sa proximité avec le parti communiste, comme l’indique ce communiqué du SNJ-CGT publié sur Acrimed. « Il s’agit d’une discrimination professionnelle et politique » souligne notre source. Selon l’AFP, Naudy avait effectivement des engagements politiques. Il s’était présenté aux législatives de 2007 dans l’Ariège sous la bannière du PCF.

Le syndicat des journalistes CGT de France Télévisions a salué sa mémoire : « Michel faisait honneur au journalisme d’investigation, au journalisme d’analyses et d’éditos, enfonçant les clous là où ça faisait mal. Le lutteur a décidé d’en finir. » Le syndicat déplore d’ailleurs le silence de la direction de France 3 après sa mort. « D’habitude, lorsqu’un ancien salarié de France 3 décède, on en parle à l’antenne, là, rien. »

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