Paix, solidarité, désarmement

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Quelle politique de la France à l’étranger ?

Publié le 17 mai 2011

Faire entendre la voix de la solidarité et de la paix dans le monde

Après l’Afghanistan, Nicolas Sarkozy a choisi d’engager la France militairement en Côte d’Ivoire, et en Lybie sous le sceau de l’OTAN.

Face à ceux qui veulent faire de la loi du plus fort la règle en matière de résolution des conflits, comment faire entendre les luttes pour la Paix, contre le surarmement ?

Les mouvements populaires qui ont soulevé le monde arabe ces derniers mois ont montré le courage et la détermination de peuples qui se battaient pour leur liberté et leur dignité. Quelles solidarités avec les peuples en luttes ?

Il est urgent de réorienter radicalement la politique de la France à l’étranger.

Rencontre débat avec

Michelle DEMESSINE Sénatrice, Membre de la commission des Affaires Étrangères et de la Défense du Sénat

Jacques FATH Responsable des questions internationales du conseil national du PCF

le mardi 24 mai 2011 à 18h30 Salle du Gymnase, 7 place Sébastopol à Lille



Déclaration nationale du Front de Gauche DE TUNIS A GAZA...

Développer la solidarité avec les révolutions et les mouvements populaires arabes

Les soulèvements populaires, les révolutions citoyennes et sociales qui ont éclaté dans les pays arabes constituent un formidable espoir. Ils marquent le retour des peuples sur la scène politique pour décider par eux mêmes de leur propre avenir. En Tunisie et en Égypte, ces révolutions ont balayés les dictatures de Ben Ali et de Moubarak avec la volonté d’en finir avec des régimes policiers et corrompus rejetés par les populations. Les peuples ont exprimé leur refus de payer les conséquences de la crise économique, d’une dégradation des conditions de vie, du chômage, de la précarité, de l’absence d’avenir pour la jeunesse. Dans des contextes de confrontation aigüe, ils rejettent les oligarchies en place depuis plusieurs décennies qui ont gouverné au mépris des aspirations des peuples.

Ces révolutions se mènent au nom de l’égalité, de la justice, de la démocratie et de la dignité. Aujourd’hui, des mouvements populaires se développent dans tout le Maghreb et le Machrek, au Maroc, au Yémen, en Syrie.... Leur résonance porte sur tous les continents : en Amérique Latine, en Asie, en Europe. Ces révolutions trouvent un prolongement singulier en Palestine où toutes les forces de résistance au gouvernement israélien et à sa politique intolérable ont décidé de s’allier pour lutter contre l’occupation et pour en finir avec la colonisation.

Les régimes menacés par ces mouvements résistent et n’hésitent pas à réprimer dans le sang les mobilisations des peuples. A Bahreïn, l’Arabie Saoudite a envoyé l’armée pour stopper brutalement des manifestants. En Libye, Kadhafi a engagé une guerre brutale et n’hésite pas à bombarder tous ceux qui s’opposent à lui. En Syrie, le Président Bachar El Assad s’enfonce dans une fuite en avant dans la violence qui a fait des centaines de morts parmi les manifestants, et dans une répression qui se solde par des milliers de détenus et de disparus. Les dictatures, qui se sentent de plus en plus menacées, veulent écraser les révolutions et les soulèvements populaires. Dans le monde entier, il est plus que jamais urgent d’amplifier dans les prochaines semaines le soutien des peuples, des forces de gauche et des organisations du mouvement ouvrier pour faire prévaloir les droits de ces peuples et l’exigence démocratique.

L’Union européenne et les États-Unis, qui ont soutenu depuis des années ces dictatures, ont été pris à contre pied par ce basculement de l’histoire politique du monde arabe qui remet en cause leur zone d’influence, leurs intérêts et leur vision du monde. La collusion des gouvernements occidentaux avec ces régimes n’avait rien à voir avec la crainte d’un soi disant « péril islamique » alors qu’ils s’accommodent parfaitement de la dictature théocratique et réactionnaire qui règne en Arabie Saoudite. Il s’agissait avant tout de soumettre cette région aux intérêts économiques et géopolitiques de l’Union européenne et des États-Unis et de favoriser les investissements et les profits du capital privé et notamment des sociétés transnationales. Le président Nicolas Sarkozy a sans doute été celui qui est allé le plus loin dans la complaisance honteuse avec les régimes du libyen Kadhafi ou du président syrien Bachar El Assad, au mépris de toute préoccupation sur les droits de l’homme et la démocratie. C’est encore l’hypocrisie et l’indignation à géométrie variable qui continuent de dominer de la part des gouvernements européens et étasuniens. Par leur silence et leur passivité, ils cautionnent les répressions criminelles comme celles que subissent les peuples de Bahreïn, du Yémen et de Syrie. En Libye, l’OTAN mène aujourd’hui une intervention militaire brutale dont on mesure qu’elle se donne pour véritable objectif le renversement de Kadhafi par les bombes.

Mais la démocratie ne s’exporte pas à coup de missiles. L’intervention et les bombardements de l’OTAN doivent cesser. Une solution politique doit s’imposer pour permette aux aspirations démocratiques du peuple libyen de se développer et au droit international d’être respecté.

Il faut imposer une autre politique de la part de la France et de l’Union européenne, qui soit un soutien réel aux révolutions et aux soulèvements des peuples. Le Front de Gauche défend la nécessité d’une réorientation radicale de la politique étrangère de la France et de l’UE qui passe par le soutien à l’ensemble des mouvements populaires et le refus d’une politique à géométrie variable. La solidarité concrète avec ces mouvements démocratiques passerait par de premières mesures urgentes : arrêt des bombardements de l’Otan en Libye ; arrêt de la stigmatisation des migrants tunisiens et mise en place de structures d’accueil et de soutien ; annulation de la dette des pays arabes pour permettre de répondre aux besoins sociaux des populations ; sanctions financières immédiates contre les régimes libyens et syriens engagés dans une guerre contre leurs peuples ; remise à plat des accords de partenariats économiques (APE) avec les pays qui sont soumis à ces mesures néolibérales, droit du peuple palestinien à un État viable, souverain et démocratique, sur les frontières d’avant juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, à côté de l’État d’Israël... Ces mesures constitueraient un encouragement concret aux peuples en lutte et contribueraient au développement positif de ce moment historique que nous sommes en train de vivre. Ce sont des mesures que toute la gauche politique et sociale devrait faire entendre.

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