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retour sur le débat du 5 février à Lille

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« Ce qui s’est passé là-bas est étranger à la notion d’humanité »

Publié le 13 février 2009

Jacques Fath, responsables des relations internationales du PCF était présent à Lille récemment pour participer à un débat organisé par les communistes de Lille. Sa conviction ? « les dirigeants israéliens ont voulu punir le peuple palestinien ».


• « On ne revient pas de Gaza comme on y est entré. Ce que l’on entend là-bas, ce que l’on voit là-bas est étranger à la notion d’humanité. C’est une ignominie ». Jacques Fath ne découvre pas le monde et ses horreurs, l’humain et ses errements, ni la propension de celui-ci à plonger loin dans l’indigne. « Cela fait une trentaine d’années que je travaille pour les relations internationales du Parti communiste. J’ai été confronté aux réalités de plusieurs guerres de ces dernières décennies. Ce dont je viens d’être témoin est pourtant pire que tout ». Le responsable des relations internationales du PCF était membre d’une délégation de personnalités qui se sont rendues sur place au lendemain du cessez-le-feu. Pour voir, écouter et recueillir les témoignages de trois semaines d’une guerre qui s’apparente à l’écrasement d’une population. Pour le responsable politique, avec cette 7e guerre en 60 ans, Israël a cette fois franchi un cap dans l’horreur. Le jour où J. Fath participait au débat lillois, Tsahal arraisonnait d’ailleurs un bateau transportant du matériel humanitaire. Aucun répit ne doit apparemment être laissé à des Gazaouis victimes d’une année de blocus et d’offensives guerrières épouvantables. « À bord de ce bateau, se trouvait un ancien archevêque orthodoxe… Vous parlez d’une lutte contre le terrorisme ! » dénonce Jacques Fath. Car pour lui, il convient de « dire la vérité ». « J’ai la conviction que ce n’était pas une guerre entre Israël et le Hamas. C’était un châtiment collectif. Ils ont voulu punir le peuple. Ils savaient qu’ils allaient tuer des femmes et des enfants. Et ils l’ont fait. C’est inacceptable sur le plan éthique ».

Ne jamais séparer la paix de la justice et du droit

Retour rapide sur place avec Jacques Fath. « Nous avons visité la bande de Gaza du Sud au Nord. Nous sommes allés dans trois hôpitaux, dans le camp de Jabalya… Nous avons vu beaucoup de choses. Le pire, c’est ce qu’on entend… » Et ce que la délégation a vu, ce sont par exemple ces dizaines d’enfants, venus les entourer lors d’une rencontre avec les habitants d’un village, en pleine campagne. « C’était un bonheur de les voir, cela traduisait un besoin fantastique de solidarité. En arrière plan, nous avons alors aperçu un monsieur qui ne souriait pas. Nous sommes allés le voir. Il nous a expliqué. Un obus avait pulvérisé sa maison. Dans le bombardement, il a perdu sa femme et ses dix enfants. Ensuite, les chars israéliens ont retourné ses champs de pomme de terre et de tomates. En quelques heures, cet homme a tout perdu. Sa famille, son toit, ses récoltes ». Silence. À plusieurs reprises, cet homme passionné mais posé ponctuera son témoignage d’une phrase, pour qui dit à la fois la révolte et la pudeur dont il tient à faire preuve : « il n’y a pas de mots ». Mais c’est justement dans cette émotion empreinte de douleur et de révolte que le militant continue de puiser la conviction que seules la paix et la justice sont les perspectives à défendre dans cette histoire. « Il ne faut jamais séparer la paix de la justice et du droit » répète-t-il. « L’objectif fondamental des dirigeants d’Israël est de continuer l’occupation et la colonisation. En espérant que Gaza soit plus ou moins absorbée par l’Égypte et que la Cisjordanie soit attirée vers la Jordanie. C’est de cette façon que l’on nourrit le Hamas. C’est un choix politique. Car ensuite, il sera plus commode de dire : « nous n’avons plus d’interlocuteurs ». Les dirigeants israéliens veulent la terre, mais pas la paix. C’est cela qui fait la différence. Depuis des dizaines d’années, ils ont évacué la question fondamentale, qui est celle de la Palestine pour en faire une question de sécurité. Tout le monde a droit à la sécurité. Mais c’est la colonisation qui provoque l’insécurité ». Or, rappelle Jacques Fath, « on peut tout négocier entre gens de bonne volonté ». Selon lui, « la question essentielle, est celle de l’édification d’un État palestinien souverain, dans les frontières d’avant la guerre de 1967 avec Jérusalem Est pour capitale, mais aussi le droit au retour des réfugiés, la libération de plus de 10.000 prisonniers actuellement détenus ».

De manière immédiate, « les crimes de guerre multiples » des dernières semaines, « méritent des sanctions. Des procès internationaux doivent avoir lieu, y compris contre les responsables politiques ». De même que les dirigeants français et européens doivent être interpellés en raison de la « lourde responsabilité » dont ils peuvent être taxés. « Cette agression a fait remonter la question de la Palestine au premier rang des questions politiques. Cette question, comme celle de la levée immédiate du blocus de Gaza, doit être à l’ordre du jour d’une conférence internationale ».

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