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Intervention de Sylvianne Delacroix lors du conseil municipal du 23 juin 2008

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Ne laissons pas le gouvernement empêcher nos écoles d’accueillir tous les enfants

Publié le 29 juillet 2008

Mon prédécesseur est très surprenant dans sa manière de se réjouir dans la mesure où notre Ville et l’Académie de Lille en particulier sont parmi les plus touchées en France pour les retraits de postes depuis des années.


La seule logique de ces dernières décennies est de supprimer, en ne se souciant pas de la qualité de l’enseignement, mais en développant uniquement deux logiques, celle de l’économie et celle de la règle à calcul.

Pour ce qui est de cette année encore, le Gouvernement applique un budget qui se décline dans notre ville, un budget qui est refusé par l’ensemble des partenaires impliqués, parents d’élèves, personnels, étudiants, associations socio-éducatives et collectivités.

Je ne reviendrai pas sur les éléments cités par Maurice THORÉ, mais je souhaite insister sur l’aggravation profonde des inégalités qu’engendrent les coups répétés au service public.

Si la réussite scolaire de chacun était assurée, il n’y aurait bien sûr rien à redire, mais nous en sommes très loin, notre région est marquée fortement par le décrochage et le Recteur reconnaît d’ailleurs que ce décrochage se construit particulièrement à l’école élémentaire.

Deux logiques sont donc mises en avant : la première, l’idée de faire des économies et de limiter la dépense publique d’éducation, et la deuxième, puisqu’il y a soi-disant moins d’élèves dans certains quartiers, dans certaines écoles, il faut moins d’enseignants.

Les deux logiques sont plus que sujettes à caution.

  • Les suppressions de postes et les fermetures de classes n’auront qu’un effet, augmenter les effectifs par classe. C’est dans les classes où les difficultés sont les plus sensibles que ces fermetures et ces augmentations d’effectifs auront lieu.
  • L’augmentation des effectifs aggrave les conditions d’enseignement. Elle ne favorise pas le suivi individualisé. Elle n’aide pas à trouver une réponse personnelle aux problèmes vécus par les jeunes scolaires.

Les scolaires d’aujourd’hui auront dans leur vie d’adulte, pour mener un parcours de vie et un parcours professionnel, à s’adapter à des mutations économiques et technologiques que nous ne soupçonnons pas aujourd’hui. Ce que nous savons, c’est que plus la formation initiale est de qualité, plus elle est d’un niveau élevé, meilleures seront les conditions de ces jeunes scolaires pour leur vie d’adulte.

Sacrifier les conditions d’éducation de nos enfants, sacrifier le service public de l’éducation, c’est hypothéquer l’avenir des jeunes et reporter à moyen terme le coût sur les collectivités.

Ce n’est pas une économie, c’est un report de coût qui se paiera par des politiques sociales, par des politiques de mise en place de systèmes et de dispositifs pour une formation qui devra se développer ultérieurement. Sachant que la remédiation et les pédagogies de rattrapage n’ont pas le même impact selon l’âge des scolaires et des personnes qui sont dans ces dispositifs.

Si l’économie immédiate recherchée par le Gouvernement vise simplement à offrir aux plus privilégiés des privilégiés des dégrèvements et cadeaux fiscaux en tous genres, l’argument, de fallacieux, devient insupportable.

Pour ce qui concerne la baisse démographique dans les quartiers ou dans des écoles, la baisse démographique, on le sait, est derrière nous. L’argument n’est pas non plus crédible.

Et là où l’on supprime des postes en maternelle, il s’agit très souvent simplement d’une remise en cause de la scolarisation des deux-trois ans.

Depuis des années, des tentatives répétées contre la scolarisation précoce sont menées. Des restrictions sont mises en place dans nos écoles pour limiter l’accès à la maternelle. Là encore, le procédé n’est pas sans conséquences à court et à moyen termes.

Ne plus permettre à chacun d’inscrire son enfant à l’école dès deux ans, c’est empêcher nos écoles d’accueillir tous les enfants, d’assurer le plus tôt possible la socialisation et la rencontre entre les milieux sociaux et culturels les plus diversifiés. C’est entraver le vivre-ensemble auquel nous sommes profondément attachés et qui est un enjeu essentiel pour notre ville aujourd’hui et demain.

Cette orientation n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans un contexte certes national, mais qui se décline fortement localement, d’une attaque en règle contre l’école maternelle qui n’a d’autre objet que de la discréditer et de prôner sa suppression pour mieux favoriser les organismes lucratifs privés qui attendent l’ouverture de ce marché des deux-trois ans.

Les fermetures de classes et les suppressions de postes s’inscrivent dans une gestion qui vise à ôter au service public les moyens de bien fonctionner, voire de s’améliorer.

Le recrutement de vacataires retraités pour effectuer les remplacements d’enseignants en congés de maternité ou en congés de maladie confirme s’il en était besoin la nécessité de maintenir et d’augmenter le nombre de postes à pourvoir.

Quant au discours mettant en cause l’impact des effectifs sur la réussite scolaire -un rapport que la Direction de l’évaluation et de la prospective de l’Education Nnationale met de côté pour l’instant- un rapport réalisé par deux économistes montre à partir d’une étude sur les effets de seuil qu’une baisse sensible des effectifs en ZEP et notamment en primaire aurait des effets très positifs sur les résultats scolaires, et les postes qui sont supprimés disparaissent sur les zones sensibles et notamment en primaire.

Nous serons donc pour notre groupe aux côtés de la communauté éducative le 15 mai.

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