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Conseil municipal du 23 novembre 2012

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Intervention de Michelle DEMESSINE sur le rapport d’activité 2011 de LMCU

Publié le 30 novembre 2012

« Préparer l’avenir et améliorer la vie quotidienne. »

C’est autour de cet objectif défini il y a 4 ans que Lille Métropole a poursuivi son action en 2011 en se mobilisant particulièrement autour des politiques en faveur du développement économique et de l’emploi, du logement, des transports, de l’écologie urbaine et de l’amélioration de l’espace public.

La politique du vivre ensemble a atteint une vitesse de croisière significative puisque nous étions en 2011 à la veille de l’ouverture du Grand Stade et de celle de la piscine des Weppes venant conforter le succès affirmé du Plan Piscine (auquel notre ville va bientôt émarger avec le lancement de la construction de la piscine de Lille Sud.)

Mais aussi, vitesse de croisière au niveau de la culture avec la première édition des « Belles Sorties », véritable décentralisation culturelle au niveau communautaire qui rencontre un grand succès et constitue une véritable mobilisation pour un accès pour tous à la culture.

Depuis quatre mois, le Grand Stade est ouvert. Là aussi, il faut souligner un véritable succès de fréquentation quels que soient les matchs et malgré, il faut le dire, les mauvais succès de notre équipe qui nous reste malgré tout bien sympathique. Avec une moyenne de 40 772 spectateurs, nous sommes devenus le numéro 2 français du taux de fréquentation après le PSG. La mise en route s’est plutôt bien passée au regard de toutes les craintes suscitées au niveau de l’accessibilité mais, néanmoins, nous sommes, quatre mois après l’ouverture, encore en période de rodage et il y a, j’en conviens, encore beaucoup d’efforts à faire en matière d’utilisation des parkings et de lutte contre le stationnement sauvage. En tout cas, pour conclure sur ce sujet, on peut dire d’ores et déjà que le caractère attendu d’outil de rayonnement de la métropole est déjà au rendez-vous.

On pourrait dire beaucoup de choses sur le bilan mais je vais me limiter à deux questions d’actualité en commençant par celle liée à l’enjeu de l’eau.

En février 2015, le contrat de délégation de service public de distribution de l’eau qui lie LMCU aux Eaux du Nord arrivera à échéance. C’est dans ce contexte que se déroulent en ce moment, et depuis septembre, des demi-journées thématiques. Les deux premières ont permis de mettre en avant la gestion des ressources en eau, la consommation durable ainsi que l’accessibilité de l’eau. La dernière a eu lieu ce matin et avait comme ambition de mettre en discussion les différents modes de gestion des services des eaux. Je ne reviendrai pas sur la qualité évidente des interventions de ces différentes réunions (et qui seront, je l’espère, retravaillées longuement au cours des mois qui viennent) mais sur l’ouverture qui a été faite, et je m’en félicite, aux associations, collectifs de citoyens, qui ont voulu prendre part, avec nous, élus, à ces débats qui sont au cœur des préoccupations de nos habitants. Je partage d’ailleurs avec eux, le constat que cette politique vitale dans la vie quotidienne des citoyens, doit être partagée, débattue par tous.

En effet, comment pouvons-nous prétendre aller dans le sens de l’intérêt public quand nous n’ouvrons pas ce débat crucial à l’ensemble de nos concitoyens ? Ces trois rendez-vous sont une première étape incontournable, mais ne doivent pas être la seule base de réflexion.

Il faut aller plus loin, vers plus de démocratie, en proposant qu’un débat puisse se faire au sein de chacune des 85 communes concernées, comme le suggère un certain nombre d’associations mobilisées sur le sujet. Je suis d’ailleurs persuadée que les interventions qui en ressortiront permettront d’éclairer les problématiques liées au terrain et aux aspirations de chacun, miroirs fidèles des enjeux de notre société : pour prendre un exemple, des tarifs abordables pour tous et en adéquation avec les revenus en majorité faibles de notre population.

Enfin, et vous le savez sans doute, nos aspirations vont, il est vrai, vers un retour à une régie publique de l’eau.

Ceci n’est pas seulement idéologique mais aussi pragmatique et surtout lié au fait que, pour nous, les citoyens doivent être acteur dans la cité et à nos côtés : c’est là tout l’enjeu pour que la démocratie vive !

Pour moi et mon groupe, une régie publique est synonyme d’une gestion citoyenne et d’un contrôle démocratique, d’une baisse des prix pour les usagers, d’une hausse de la qualité du service rendu et d’un investissement réel pour la protection de la ressource « eau. »

De plus et surtout, l’eau, élément essentiel de survie de l’être humain, ne peut et ne doit pas être traitée comme une marchandise. C’est pourquoi seules les collectivités, gages de l’intérêt public au service de tous, sont naturellement les mieux à même de comprendre et répondre aux besoins de tous les citoyens métropolitains. Je pense d’ailleurs que nous partageons ces convictions.

La deuxième question d’actualité porte sur les transports.

Avec mon groupe, nous estimons que le droit à la mobilité devrait de plus en plus être considéré comme un droit fondamental universel en raison du rôle essentiel qu’il joue pour l’égalité des chances et l’émancipation humaine.

L’Histoire de la conquête des droits universels dans notre pays a tant fait l’objet de mobilisation citoyenne historique que ce soit pour la gratuité scolaire en 1881 ou pour le droit à la santé avec la création de la Sécurité Sociale, grande avancée sociale du Conseil National de la Résistance. Et parce qu’aujourd’hui, le droit à la mobilité comporte en plus un enjeu majeur pour la protection de notre planète, nous ne nous résignons pas à afficher notre détermination à ce que ce grand débat de société ait lieu et cela, à partir de nos collectivités qui en sont des opérateurs qualifiés pour en être le lieu. Si nous nous réjouissons des progrès accomplis dans le développement des transports publics à Lille Métropole et si nous saluons l’objectif de doubler le nombre d’usagers en 10 ans, nous ne partageons pas la stratégie qui consiste à augmenter chaque année les tarifs, comme nous venons encore de le décider pour l’année 2013, car elle nous éloigne toujours plus du chemin à construire vers un droit universel. Et je dirais encore plus, dans une période très difficile pour nos populations qui ont face à elles les conséquences douloureuses de la crise avec toutes les conséquences sur l’emploi et le pouvoir d’achat : alors, est-ce utopique de penser la gratuité des transports comme on nous le renvoie en permanence ? Cela devait l’être autant pour la scolarité gratuite et la santé gratuite avant leur instauration ! Et puis cela ne se fait pas en un jour, c’est une conquête, elle devra se fixer des étapes. C’est pourquoi nous proposons le débat, comme nous le faisons sur l’eau, et une étude de faisabilité pour l’éclairer.

Des territoires, certes plus petits, se sont déjà engagés dans la voie du transport gratuit. Partout, les résultats sont spectaculaires. Si je ne prends que ceux d’Aubagne : ce sont 87 % d’usagers en plus et 13 % de circulation automobile en moins et moins de dégradations. Bien sûr, pour Lille Métropole, l’enjeu financier est sans commune mesure avec les expériences connues en cours mais la marche est-elle si haute, surtout si on l’inscrit dans le temps ? D’autant plus que l’idée grandit dans le pays et que cette question s’inscrit au niveau national.

Pour Lille Métropole, la recette des titres de transports s’élève, pour 2011, à 69 millions d’euros, ce qui représente 17,5 % du budget du délégataire. Mais nous savons aussi qu’une hausse de 0,5 % du versement « transport » des entreprises représenterait 46 millions d’euros. Actuellement, cette taxe est fixée à 1,8 % de la masse salariale. Pour les transports parisiens, elle est à 2,5 %.

Je sais bien les débats politiques en cours sur la compétitivité mais ne pas toucher aux profits extravagants des grands groupes et de la finance vise à interdire toute réflexion dans ce sens.

Je dirais justement, n’ayons pas peur de susciter la confrontation des idées contradictoires. C’est le débat public qui s’en trouvera grandit et il en a bien besoin. (Je ne développe pas.)

Voilà, tout cela pour dire que notre groupe souhaite que notre collectivité LMCU soit à la pointe des idées nouvelles sur le transport collectif, vers un droit universel, comme elle sait très bien l’être d’ailleurs dans d’autres domaines de sa responsabilité.

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