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Budget municipal

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Lille : Défendre ses ambitions en refusant d’augmenter les impôts

Publié le 23 décembre 2008

Lors du Conseil Municipal se tenant le 15 décembre dernier, le groupe communiste à réaffirmer la volonté de la ville d’aller au bout de ses ambitions, de tenir les promesses faites au Lillois, Hellemmois et Lommois dans un contexte de crise et de désengagement de l’État.

Intervention de Michelle Demessine, Présidente du groupe communiste à la mairie de Lille


Le vote du budget 2009 se présente dans un contexte particulier.

Tout d’abord, plutôt enthousiasmant car c’est le premier de notre mandat, le coup d’envoi du programme de notre équipe municipale largement plébiscité par nos concitoyens en mars 2008. Cette confiance renforcée est un formidable encouragement à relever tous les défis :

  • celui d’apporter le meilleur pour chaque Lillois à chaque étape de sa vie
  • celui de poursuivre la métamorphose de notre Ville de Lille
  • celui d’être une ville plus solidaire encore, plus participative
  • et enfin, celui de la poursuite d’une grande mobilisation pour une ville durable et agréable.

Autant de défis que nous voulons relever avec la participation des Lillois, des Hellemmois, des Lommois qui aspirent, nous le savons, à être partie prenante de cette œuvre commune.

Mais notre budget se présente aussi malheureusement dans un contexte particulièrement inquiétant. En effet, nous subissons une crise financière d’ampleur mondiale dont les conséquences économiques et sociales, nous en sommes conscients, sont extrêmement graves. Cette crise, c’est aussi la crise d’un système qu’en tant que communistes nous n’avons cessé de combattre. Nous sommes en pleine crise du système capitaliste, de l’idéologie du « tout marché », du « tout privé », de l’argent-roi, de la concurrence « libre et non faussée ». Et maintenant, alors que les plus grands profiteurs du système sont encore à l’abri de ses conséquences ou cherchent à mieux en tirer partie, la crise atteint déjà de plein fouet un grand nombre de salariés, de familles avec l’explosion du chômage en quelques semaines et ce, particulièrement dans notre région, dans les grandes industries comme l’automobile, la métallurgie, la sidérurgie. Certains ont d’ors et déjà entamé des plans drastiques de ralentissement de leurs activités. Chômage partiel et licenciements sont à l’ordre du jour. La crise frappe également, mais de manière plus sourde, les petites et moyennes entreprises. Le signe le plus significatif est l’arrêt brutal depuis septembre des contrats d’intérim qui représentent la suppression de milliers d’emplois.

Face à cela, nous le savons, l’urgence est à la relance de notre économie par l’augmentation du pouvoir d’achat et des salaires, par un effort conséquent pour le développement de l’investissement public et cela nous concerne quand on sait la part prise par les collectivités. 73% se fait dans les communes. Face à cela, et c’est ma conviction, il est plus que temps de mettre la satisfaction des besoins, la place de l’Humain, le respect de l’environnement au cœur, au centre de notre société, et en soient le véritable moteur. Or, aujourd’hui, ce n’est assurément pas le chemin pris par nos gouvernements qui, pourtant obligés de reconnaître les véritables responsables de cette situation, n’entendent pas changer fondamentalement de politique. Le budget de l’État pour 2009, en pleine crise, vient d’être adopté. Il porte les mêmes stigmates qui ont conduit à ce désordre total. Rigueur, baisse de la dépense publique, recul de toutes les politiques sociales ; santé, sport, culture, coupes subies dans notre système éducatif... La révision générale des politiques publiques avec sa mesure phare du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux est particulièrement à l’œuvre dans le budget 2009 et ses conséquences sur le service public seront lourdes et rapides. Nous savons que c’est vers les collectivités locales que se tourneront tous ceux qui seront ainsi abandonnés, et c’est sur fond de profondes dégradations que se poursuit le désengagement de l’État en même temps qu’il continue de transférer des charges qui lui incombent. Mais deux millions attendus manquent à notre budget 2009. Au fond, aujourd’hui, on le constate, c’est clair, l’État assèche les finances publiques en faisant des cadeaux fiscaux aux plus riches et transfert, selon le principe des vases communiquants son déficit aux collectivités locales, les contraignant, au choix, soit à supprimer des interventions, des projets, soit à augmenter les impôts.

D’autres choix, d’autres chemins sont possibles et c’est pourquoi cette situation ne saurait nous freiner, nous décourager. C’est d’ailleurs le message du séminaire de la majorité de ces derniers jours à Rotterdam. Le programme, tout le programme. L’ambition d’être au plus près de ceux qui souffrent le plus, tout en continuant à transformer, moderniser, embellir notre ville est intacte. Plus de logements, plus d’emplois, plus de sport, plus de culture, plus de solidarité, plus de projets éducatifs, un cadre de vie en transformation profonde laissant plus de place à la nature et au respect de l’environnement. Une ville au plus près des attentes de sa jeunesse, qui est en même temps sa richesse, pour parvenir à réaliser cette ambition. 100 millions d’investissements en 2009 sont programmés. C’est 43% de plus qu’en 2008.

S’agissant des recettes

  • les efforts de maîtrise et surtout d’optimisation des dépenses faits durant le mandat précédent confère à ce mandat des marges durables bienvenues
  • nous conservons notre capacité d’autofinancement et la possibilité, aujourd’hui, dans les meilleures conditions, de recourir à l’emprunt, c’est-à-dire aussi investir pour les générations futures.

Ce cercle vertueux et la dynamique attractive de la ville permet de poursuivre l’ambition sans augmenter les impôts des Lillois, des Lommois, des Hellemmois. Le groupe communiste approuve et appuie cette décision de ne pas augmenter la fiscalité dans cette période où le pouvoir d’achat est en berne, touchant de larges couches sociales de notre population.

Nous resterons cependant très attentifs aux réajustements d’un certain nombre de tarifs. La décision de diviser par deux les tarifs des cantines pour garantir à chaque enfant un repas équilibré chaque jour scolaire est un signe important de la solidarité. Je sais que les tarifs concernants les services rendus aux Lillois ne seront pas concernés par cette démarche, néanmoins, le réajustement d’autres tarifs dont l’hypothèse a déjà été évoquée comme celui du stationnement payant nous laisse beaucoup interrogatif au regard de son impact sur le budget des Lillois.

Pour conclure, Je voudrais, au nom de mon groupe, saluer le travail et la méthode de notre 1er adjoint, Pierre de Saintignon, et de tous les services qui se sont dépensés sans compter. J’en témoigne personnellement. Nous avions souhaité, il y a un certain temps, que la préparation du budget soit davantage participative. Elle l’a été, collégialement à l’intérieur de l’équipe municipale, mais largement au-delà avec les conseillers de quartiers, la CCC, et il faut le dire, avec un certain talent pédagogique.

Mes chers collègues, l’air du temps pourrait inciter à présenter un budget de résignation. Ce n’est pas le choix que nous faisons collectivement et je m’en réjouis. Nous préférons, face au bouclier fiscal protégeant les plus riches, construire un bouclier social et éducatif comme levier de l’efficacité pour le développement de notre ville au bénéfice du plus grand nombre.

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