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Conseil municipal du 23 mars 2009

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Intervention de Hugo VANDAMME sur le Conseil Lillois de la Jeunesse : « Il devra contribuer à la lutte pour l’autonomie de la jeunesse »

Publié le 30 mars 2009

La Ville de Lille met en place un Conseil Lillois de la Jeunesse qui permettra aux jeunes de faire entendre leurs souhaits, leurs envies, leurs difficultés, leurs exigences, auprès de la municipalité. Bien que le groupe communiste se félicite de la démarche, il tient à se montrer vigilant quant à la réelle prise en compte des aspirations de jeunes par la Ville. Mais pour atteindre la nécessaire autonomie des jeunes, il faudra se montrer bien plus ambitieux.


Avec le groupe communiste, nous ne pouvons que saluer la mise en place du Conseil des Aînés et du Conseil Lillois de la Jeunesse. La mise en place de ces conseils, comme prochainement celle du Conseil des Résidents Etrangers va dans le sens d’une meilleure prise en compte et d’une plus grande participation des habitants. Permettre à chaque individu de se sentir reconnu et respecté, est l’un des objectifs que le groupe communiste mène avec l’ensemble de la majorité municipale. C’est notamment ce à quoi je m’emploie dans le cadre de ma délégation, pour une meilleure prise en compte et meilleure participation des jeunes de la Mission Locale.

Dans ce débat général sur notre politique de démocratie participative, je souhaiterais m’attarder sur le Conseil de la Jeunesse. Alors que la semaine dernière a eu lieu la présentation de la Commission de concertation sur la politique de la jeunesse, lors du Conseil des ministres, je me permets de vous rappeler l’un des grands défis concernant les jeunes, il s’agit de leur autonomie. L’autonomie que les jeunes réclament consiste à sortir de la dépendance vis-à-vis de leur famille, de disposer d’une autonomie financière, d’un revenu qui leur permettent de bâtir leurs propres projets, d’échapper au recours à l’aide sociale pour programmer leurs dépenses de tous les jours, d’avoir leur propre logement, de financer les loisirs qu’ils ont choisis.

Leur besoin d’indépendance pousse certains jeunes dans des travers. Ils sont d’autant plus encouragés à une autonomie solitaire par le développement de l’individualisme dans nos sociétés et la dénonciation générale des utopies collectives. Ils se méfient des étiquetages, n’osent pas demander de l’aide ni s’informer sur les services qui peuvent les aider. Ils sont peu nombreux à s’engager dans les syndicats. On leur a appris que l’important est de se débrouiller seul, même si on n’y parvient pas ! De sorte que la relation de confiance vis-à-vis de l’autre est rare. Certains jeunes que je rencontre croient avoir la certitude que personne ne peut les aider et qu’avoir recours à l’autre équivaut à un aveu d’échec.

Sans brider les individus dans leurs talents et leurs créations, nous nous devons d’enrayer cette logique de l’individualisme qui conduit à la société de la concurrence et de la compétition. Nous le savons, nous ne pourrons construire la société qu’ensemble, toutes générations et toutes conditions réunies et sûrement pas les uns contre les autres. Bref, nous le voyons, pour garantir les possibilités d’autonomie de la jeunesse, que seule une politique nationale et volontariste peut assurer, il faut relever deux défis : celui des moyens matériels et financiers, mais aussi, il faut y ajouter le défis du vivre ensemble, de la confiance, en fait changer totalement les modes et rapports qu’entretient la société avec sa jeunesse, et des jeunes vis-à-vis de la société. Nous devons enclencher une transformation sociale matérielle et culturelle.

Cela ne peut se faire par un coup de baguette magique, mais par la mise en place de nouvelles pratiques. Nous avons ici, la possibilité de construire un outil, mettant en valeur l’importance du collectif, de la concertation et même de la confiance. Si le conseil lillois de la jeunesse contribue à la construction du vivre ensemble, il contribuera à la lutte pour l’accès à l’autonomie de la jeunesse.

Avec le groupe communiste, nous serons très attentifs à la vie de ce nouveau Conseil Lillois de la Jeunesse. Sera-t-il vraiment connu de tous ? Sera-t-il bien un outil au service de la citoyenneté active de tous les jeunes lillois ? Nous élus de la ville de Lille, serons-nous capable d’entendre les propositions des membres de ce conseil ? Les deux ans qui viennent et qui vont servir d’expérimentation avant d’y faire sans doute des ajustements seront pour nous tous une chance.

Vous pourrez compter sur nous pour apporter à ce projet une critique constructive, un regard exigeant, parce que nous croyons en ce projet.

Aussi, je dirais ces quelques mots pour vous rappeler trois grandes notions qui sont pour moi, interdépendantes et qui pourraient décrire toute l’ambition que je souhaite à nos nouvelles instances de concertation : éducation populaire, transformation sociale et démocratie.

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