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Programme Educatif Global

Publié le 7 juillet 2011

A l’occasion de la séance du Conseil municipal du 27 juin 2011, Sylviane DELACROIX est intervenue sur la seconde édition du Programme Educatif Global (PEG), mis en place par la Ville, à destination des élèves lillois.


Madame le Maire, Chers Collègues,

Je respecte l’expérience de Madame MAUROY, qui nous dit qu’il y a un temps pour la politique et un temps pour l’intelligence, même si je ne la partage pas.

Le Programme Educatif Global qui nous est donné de poursuivre et d’amplifier, avec cette seconde édition, traduit un travail mené en concertation. Je ne reprendrai pas les chiffres évoqués mais il s’agit de 70 % des écoles concernées et de 200 livrets de participation, je m’en arrêterai là.

Au cœur des enjeux, l’épanouissement culturel, physique et intellectuel de nos enfants. Tout devrait être simple puisque chacun (enfants, parents, enseignants, partenaires associatifs, élus), nous affichons cette même ambition d’une volonté de réussite dans leurs parcours scolaires.

Nos orientations : réussite de chaque enfant, parcours éducatif individuel de qualité, continuité des politiques publiques, priorités et valeurs réaffirmées, droits de l’Homme et du citoyen, droit de l’enfant (et je souhaiterais à cette occasion que ces droits de l’enfant figurent dans nombres de bâtiments publics, au moins toutes les écoles), éducation tout au long de la vie, égalité, équité.

Sur la méthodologie, un grand travail a été réalisé (débats, concertations, démocratie, partenariats).

Dans une limite à ne pas franchir, dans cette dialectique éducation/enseignement, qui montre, d’un côté, ce que peut être l’implication d’une collectivité et, d’un autre, la responsabilité régalienne de l’Etat pour ne pas faire en sorte, notamment, que les fonctions soient confondues et que le contribuable paie deux fois, il nous faut obliger l’Etat à remplir ses responsabilités en matière d’éducation. Un contribuable qui serait sollicité localement et nationalement pour que l’Etat puisse abandonner l’enseignement au profit, par exemple, de politiques en faveur des grandes fortunes. Mais je ne développerai pas.

Par contre, sur la question de l’enseignement et de l’éducation, quand nous parlons éducation, nous mettons des personnes à disposition, de la formation à disposition. Cela a été évoqué antérieurement dans le projet éducatif, notamment à travers les ATSEM mais aussi dans le travail de partenariat, l’évocation des partenaires, notamment en terme de recherche, en terme d’institution et en terme de collaboration.

Que voit-on du côté de l’Education Nationale qui a le versant enseignement ? Nous étions très mobilisés au printemps, avec vous Madame le Maire, les associations de parents d’élèves, les syndicats enseignants. Aujourd’hui, le schéma de l’emploi 2011-2013 vient d’être rendu public. Que voit-on au nombre des dispositions que les recteurs d’académies sont invités à mettre en œuvre ? Y figurent l’augmentation du nombre d’élèves par classe, tant en primaire qu’au collège, la suppression des réseaux d’enseignements spécialisés dans la lutte contre l’échec scolaire, la mise en extinction des psychologues scolaires, la baisse de la scolarisation des enfants de moins de trois ans (ce sont des instructions !), la fermeture des petites écoles rurales et le recours accru des étudiants pour les remplacements.

Nous travaillons sur des versants et j’entendais tout à l’heure Madame l’inspectrice d’académie sur le parcours de l’élève et le parcours du jeune. Si nous travaillons au parcours du jeune et que l’Education Nationale se désengage sur le parcours de l’élève, les difficultés risquent de se prolonger effectivement un bon moment.

Autre versant et autre aspect : nous travaillons, et c’est dans les domaines sous-jacents du programme éducatif, sur la scolarisation, par exemple, des enfants handicapés qui est un thème qui m’est cher mais que nous sommes nombreux à partager. Que dit le 8 juin 2011, lors de la deuxième conférence du handicap, le Président Sarkozy ? « C’est la fin des emplois de vie scolaire aidants qui seront remplacés par 2 000 assistants de scolarisation en 2011. » Quid de la transition, quid également de la formation, et quelle confiance accorder à l’Education Nationale qui annonce 16 000 suppressions de postes et qui dit que « tout va bien aller car on va vous en créer 2 000. » Sur ces aspects là, aussi, nous étions intervenus.

Même enjeu sur les questions de respect des différents partenaires : respect des parents, respect des enfants, respect des enseignants.

Que penser, alors que nous travaillons à des espaces d’échanges, de formations et d’intégrations, quand les parents se voient confrontés à un refus d’accès à la maternelle dès deux ans, quand on voit que le service public n’a pas les moyens d’accueillir les familles et que, par exemple, un des grands aspects du rythme scolaire modifié a été d’empêcher le dialogue entre les enseignants, entre l’équipe éducative et les familles ?

Respect des enfants : nous parlons de l’éducation, de l’accompagnement, de la pause méridienne, de l’accès à la demi-pension. Au-delà des rythmes scolaires, que penser du respect des enfants quand le remplacement des enseignants n’est pas assuré dès la première heure d’absence ?

Respect des enseignants enfin : nous parlons de partenariat, de recherche et de travail à un moment où l’Education Nationale a aboli presque l’essentiel de la formation, en tout cas la formation à la pédagogie et à la psychologie de l’enfant et de l’adolescent. Pour les anciens de l’Ecole Normale que nous sommes, c’est une aberration.

En même temps, le Groupe communiste soutiendra très fortement cette nouvelle génération du Programme Educatif Global et votera pour tout en continuant à travailler avec vous, bien évidemment, comme nous le faisons régulièrement, à ce que l’Etat ne se désengage pas sur l’ensemble des questions de l’Ecole.

Je vous remercie.

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