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Pour les élus du PCF, le Mur est tombé sur un communisme qui n’est pas le leur

Publié le 10 novembre 2009

C’est plus qu’un mur qui tombe le 9 novembre 1989, c’est un monde qui change. A l’occasion de l’anniversaire de la chute du mur, les élus communistes s’expriment sur cet évènement.


« Vous savez, je suis plutôt un homme de ponts que de murs ». Quand on lui demande de jeter un coup d’oeil dans le rétroviseur, le député communiste Alain Bocquet prend du champ vis-à-vis de l’expérience soviétique. « Les dirigeants de la RDA ont détourné l’idéal communiste. La chute du Mur marque l’échec d’une interprétation bureaucratique et autoritaire d’une idée qui est tout le contraire de ça », selon le maire de Saint-Amand qui se souvient avoir pensé, au soir du 9 novembre 1989, « ils ont tout gâché, ces c... ». Sentiment mêlé à la fois « d’amertume et de soulagement ». Car pour lui, la chute du Mur a évidemment été accueillie comme une libération.

« C’était une grave blessure. Il fallait la refermer ». Même constat pour Hugo Vandamme, conseiller municipal PCF de Lille. « Je me souviens très bien des images. Je n’avais pas tout à fait dix ans à l’époque. En fait, le Mur, je le découvre quasiment en même temps qu’il s’effondre ». Pour lui, ce moment est l’occasion de se faire expliquer un certain nombre de choses, par ses parents syndicalistes CFDT. « Ils m’ont raconté Solidarnosc qui remettait en cause la bureaucratie communiste... Et puis je me suis posé pas mal de questions et surtout, j’ai découvert tout au long de mon adolescence des idéaux de Marx qui n’avaient pas été mis en pratique dans les pays de l’Est ». Pour lui, en effet, le communisme, ce n’est pas ce qui s’est pratiqué dans les pays du pacte de Varsovie. « Le communisme, 20 ans après, a toujours un sens. Ce n’est pas une pratique du pouvoir, mais un mouvement libérateur, une société de mise en commun, où chacun est reconnu à sa valeur » .

D’autres murs Une idée qui reste pertinente ? L’hypothèse ne fait aucun doute pour le maire communiste de Seclin, Bernard Debreu. « Le Mur est tombé, certes. Mais il ne faudrait pas oublier le mur de l’argent qui existe toujours pour ceux qui ne savent pas finir le mois ». « Le capitalisme triomphant n’a pas fait la preuve qu’il pouvait résoudre les problèmes du monde, au contraire. On l’a vu cette année », ajoute Alain Bocquet. Sans parler des autres «  murs de la honte » pointés par Bernard Debreu. « Les dirigeants occidentaux ne voulaient pas du Mur de Berlin. Mais on trouve normal qu’il y ait un mur en Palestine ». Pour les communistes, une page s’est tournée le 9 novembre 1989. La suivante reste à écrire. À l’encre rouge, évidemment. wS.L.

Extrait de l’article de Nord Eclair du 8/11/2009

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