Droit à la sécurité

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Intervention de Michelle DEMESSINE sur le Contrat Local de Sécurité (CLS)

Publié le 10 juin 2009

La sécurité est un droit pour tous et les communistes se félicitent de l’approche lilloise en la matière.

Pour obtenir des résultats positifs, il est nécessaire d’aborder « la sécurité » sous différents angles, en trouvant un juste équilibre entre la prévention, la dissuasion, la répression et ce, au plus près du terrain.

L’éducation est également un enjeu majeur pour la réussir de ce contrat local.

Pour cela, à Lille, entre l’excuse absolutoire et le tout répressif, c’est une approche pragmatique, partenariale et constructive de la sécurité qui a été choisie.


Madame La Maire, Monsieur le Préfet,

Nous sommes ici tous d’accord pour affirmer que vivre en sécurité est un droit essentiel. Où que l’on habite, où que l’on travaille, où que l’on étudie, la société doit le garantir à chacun et à chacune. Il est insupportable de constater que les actes de délinquance, de violence ou d’incivilité se perpétuent !

Pour combattre réellement l’insécurité, il faut sanctionner ; mais il faut aussi s’attaquer aux causes. Nous devons donc non seulement prévenir, dissuader et réprimer la délinquance, mais également agir sur le plan économique, social, éducatif pour en tarir les sources.

De très nombreuses études en attestent, il y a objectivement plus de délinquance quand il y a mal-être social et quand la sécurité socio-économique n’est pas garantie. Or, dans un document publié en mai 2009, l’IRDSU mesure l’impact de la crise économique sur les quartiers prioritaires et observe une « aggravation de ces problèmes socio-économiques pour les habitants des quartiers ».

Si la République doit assurer à tous le droit à la sécurité, c’est donc surtout dans les quartiers populaires, là où l’insécurité sociale est la plus forte, que les attentes se manifestent. Car en plus de vivre des situations précaires, ses habitants en viennent à avoir peur de sortir de chez eux ; ils voient leur environnement dégradé et subissent incivilités et agressions verbales. Ce n’est pas tolérable ! Mais ne faisons pas l’économie d’une analyse sur le fonctionnement de la société.

Le droit à la sécurité, la tranquillité publique, cela a été rappelé, sont une tâche régalienne de l’Etat. Cela demande des moyens concrets humains pour répondre aux besoins exprimés par les habitants. Force a été de constater que les effectifs nécessaires pour assurer une bonne réponse à ce droit régalien n’ont pas toujours été à la hauteur des besoins.

Nous nous félicitons comme vous, Madame le Maire, que nous ayons enfin été entendu. Ma mise en place de l’UTEQ dans le quartier de Lille Sud constitue cependant une bonne nouvelle car elle renoue avec l’expérience de police de proximité que nous avons connu qui allie, comme le préfet vient de nous le décrire, une démarche de prévention, de dissuasion et de répression au plus près du terrain. Le caractère cumulatif des inégalités engendrent parfois des sentiments de haine, de désespoir qui, au final, se retournent contre tous ceux qui sont là pour les aider (les enseignants, les travailleurs sociaux, les bénévoles associatifs,…), mais cette colère doit trouver un autre chemin que celui de la violence qui se retourne contre les jeunes eux-mêmes et contre leur famille. Cette colère, transformons-là en action !

Faisons vivre le principe républicain d’égalité en intégrant les couches populaires quelles que soient leurs origines au développement de la société !

Cette tâche, c’est l’essentiel de notre engagement d’élu municipal. Mais, nous n’avons de cesse de le dénoncer, les politiques publiques structurant la vie sociale sont en diminution constante dans les derniers budgets de l’Etat. On ne parle plus que de baisse de la dépense publique, sans prendre en considérations les équilibres et les ambitions de notre société. Au contraire, nous assistons à l’aggravation et la poursuite des politiques libérales qui font que, dans la société française, on a tout à la fois le chômage et la précarité de masse et les profits records pour les actionnaires des entreprises du Cac 40. Il faut donc bien un projet alternatif à tout cela. Réhabiliter la dépense publique dans notre pays ; mobiliser des moyens à la hauteur des enjeux !

A Lille, entre l’excuse absolutoire et le tout répressif, nous créons une voie pour une approche pragmatique, partenariale et constructive de la sécurité. Celle-ci est une question politique où l’on ne peut se contenter du tâtonnement et du bricolage. C‘est pourquoi l’expérience des CLS nous permet de faire avancer des partenariats, nous y tenons. Seuls, les élus et la ville ne pourraient pas grand-chose. C’est du moins ainsi que l’on envisage la sécurité : en y travaillant tous ensemble, en profitant des connaissances et du vécu de chacun, du savoir-faire et de l’expérience de chaque corps de métier impliqué. La sécurité est fondée sur un axe qui allie éducation, prévention, concertation, sanction et réparation dans le respect des principes républicains. La sanction et la réparation, inscrites dans une démarche éducative, favorisent la reconstruction de la personne. La prévention de la délinquance n’est quant à elle pas qu’affaire de spécialistes. Les citoyens doivent également pouvoir s’approprier cet enjeu à travers tout ce qui crée du lien social et contribue à la dissuasion collective. Il s’agit d’agir ensemble pour mieux vivre ensemble.

Dans l’équipe municipale, avec tous les acteurs du CLS, nous travaillons à créer un processus dynamique de solidarité ! L’accès à un logement de qualité doit devenir un véritable droit mais surtout, une possibilité réelle. Nous proposons également la conversion de tous les emplois précaires en emplois stables. Oui, à notre échelle, nous pouvons travailler à une sécurité d’emploi et de formation pour éliminer la précarité par l’emploi. Continuons également à développer les initiatives locales créatrices d’activité, de développement et donc de travail ! Les mesures que nous prenons s’inscrivent dans la durée car elles portent sur les causes et non sur les effets et concernent tout à la fois les services administratifs, l’habitat, l’éducation, la formation, le rôle des associations et la participation des usagers.

Nous savons comme la sécurité est une question transversale qui passe par l’existence et la qualité des services publics, par exemple pour l’éducation ou la prévention de la récidive. Se battre pour la réussite scolaire, l’emploi, le logement, pour le développement d’activités périscolaires, le soutien aux associations et aux dispositifs d’insertion et d’accompagnement vers l’emploi, le soutien à la parentalité, les médiateurs… Tout cela, nous le développons tant à l’échelle de la ville qu’à celle des quartiers. Nous avons fait et continuons de le faire : des efforts importants en ce qui concerne les équipements sportifs et culturels. Nous travaillons à conforter le lien social et les démarches citoyennes, car nous estimons que c’est améliorer les conditions pour mieux vivre ensemble. C’est en occupant ces terrains que nous faisons aussi avancer le droit à la sécurité. Au lieu de subir l’insécurité de façon défensive, on s’occupe d’aménagement, d’urbanisme en considérant que la sécurité est devenue un élément intégré à la réflexion, dont cadres et élus ne sont pas à part ou à côté. Les actions se veulent cohérentes pour que chaque personne soit traitée comme un tout et non comme un ensemble de morceaux égal au nombre d’administrations compétentes. L’espace de vie est traité dans sa totalité et valorisé en même temps que ceux qui l’habitent.

N’oublions cependant pas que le développement d’une vraie vie civique passe aussi par l’exercice du droit de vote pour les résidents étrangers afin de rétablir une reconnaissance sociale et une dignité aux yeux de leurs enfants ; c’est engager ces derniers, en tant que Français, dans un processus d’usage de leur droit.

Nous montrons donc chaque jour la volonté des pouvoirs publics à respecter la dignité de tous les Lillois, à prendre avec eux leurs problèmes et leurs souffrances en considération pour y apporter des solutions.

Au regard de l’impératif de respect et de sécurité, il existe donc à Lille une démarche progressiste, exigeante sur la qualité des personnes et des services publics (police, justice, éducation nationale) et qui favorise l’intervention citoyenne des habitants, et ce malgré la révoltante réduction des moyens nationaux.

Le groupe communiste soutiendra donc ce CLS car nous sommes persuadés que, parce que nous portons des valeurs de gauche, nous avons l’obligation de proposer des actions et des réponses républicaines aux attentes de nos concitoyens en matière de sécurité et de prendre en compte les souffrances des plus fragiles d’entre nous.

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